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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 09:20
le dialogue malgré tout...

Dans le cadre d'un travail thérapeutique avec les enfants, on est en première ligne aussi avec les parents. Les situations familiales sont variées et pas toutes "classiques" : recomposées, monoparentales, séparées pour le meilleur et parfois aussi pour le pire... Au milieu? des enfants qui ont aussi à "composer" avec deux paysages.

Il y a des jeunes qui vivent dans un foyer où un père (exemple fréquent) présente des traits de caractère -pervers narcissique-. Il est difficile voire impossible de gérer un pervers narcissique, un seul système semble permettre de conserver une communication sans y laisser "trop de plumes" : l'assertivité.

Assertivité veut dire : oser s'exprimer, savoir dire non, savoir demander et savoir aussi se défendre! Car au quotidien, les échanges avec un pervers narcissique relèvent du parcours du combattant et il est préférable d'avoir des outils à sa disposition pour ne pas devenir fou.

Harold Searles a écrit un livre ô combien instructif concernant les Etats Limites dans lequel on pense aussi au pervers narcissique : "l'effort pour rendre l'autre fou"

Le pervers narcissique vous inflige presque à tous les coups un discours confus, agressif qui vous prend de front au moment où vous vous y attendez le moins. Tout est prétexte à l'attaque. Bref, il est vital de garder confiance en soi, tant pour conserver un échange cohérent que pour ménager l'enfant entre les deux parents. Le pervers narcissique oublie que s'il a des droits il a aussi des devoirs. Il n'en a cure! Il a besoin d'être sans cesse cadré car il ne connaît pas le mot "limites".

L'assertivité offre la possibilité d'être sur deux bases solides : l'affirmation de soi et le respect de l'autre. C'est un bon moyen de se garder de la colère et de la peur, armes habituelles du pervers narcissique.

L'enfant, hélas, est le premier au front car ainsi le père (ou la mère... mais c'est beaucoup plus rare!) garde la main sur la proie : la mère ; cette mère qui a eu l'outrecuidance et le courage de le quitter. L'enfant qu'on le veuille ou non est impliqué et risque d'emblée d'être instrumentalisé. Il faut très tôt ouvrir l'oeil pour contrecarrer l'influence néfaste et destructrice du pervers.

Théodore Yves Nassé, professeur en psychologie et expert auprès des tribunaux n'y va pas par quatre chemins : si vous ne quittez par un pervers, "l'enfant est presque perdu". La mère doit être un rempart : quoi de plus fort pour protéger son petit d'un père -pas fini- pour qui l'autre n'est qu'un objet et dont les frontières internes sont très incertaines...

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 12:49
eh oui... sacré tableau noir ou vert... on y écrivait avec une craie.... il y a si longtemps??

eh oui... sacré tableau noir ou vert... on y écrivait avec une craie.... il y a si longtemps??

Les "digital natives" ou les -enfants du numérique- sont-ils si différents de ce que nous étions nous, enfants des années cinquante?? Je ne sais pas quels adultes ils deviendront, pourront-ils accepter l'attente, eux qui vénèrent la déesse "impatience"... Que feront-ils de tous ces milliers d'amis qu'ils ont sur internet? Distingueront-ils le pixel de la réalité? Ces ténors du clavier qui se jouent de toutes ces "relations sans corps" : je t'aime, je suis ton ami sur tel ou tel réseau ; je ne t'aime plus (autrement dit je ne te kiffe plus... et encore à l'heure où j'écris peut-être y a-t-il une autre expression!), tu m'agaces, je te quitte! et hop! sur un clavier il y a une touche extraordinaire et magique : "supprimer". Besoin de personne : "je gère" comme disent certains.

"Il est souvent un peu loin dans ma tête, mon corps"... ce n'est pas ce qui amène un patient à consulter car la plupart du temps, il n'en a pas conscience. La crampe de l'écrivain est un phénomène bien étrange ; il ne s'agit pas d'une crampe mais plus exactement d'une tension ; une tension si forte qu'elle empêche le geste libre pour écrire sereinement. Tous ces "petits riens" du quotidien s'impriment si fort dans le coeur et le corps.

On peut s'interroger sur notre rythme d'aujourd'hui, celui que l'on scande à nos petits, sans cesse invités à se presser. Sans doute allons-nous trop vite, trop vite pour que la séparation soit vécue non pas comme une cassure mais comme un trait d'union. Le corps-à-corps des premiers temps de la vie doit être suffisamment long pour donner confiance à nos enfants. L'image du corps se perd si le petit enfant n'a pas reçu cette confiance à ce tout premier temps de sa vie.

Les tensions qui empêchent les enfants d'écrire vite et de façon lisible émergent parfois et se montrent, après de longues périodes où le corps s'est brouillé pour ajuster les adaptations rendues nécessaires par le stress, les états d'âme, les contrariétés, la tristesse et le découragement.

Le psychique s'inscrit dans le corporel : il s'y manifeste et sait le faire très subtilement. Les enfants que je vois verbalisent peu leurs émotions ; ils ont bien du mal aussi pour certains à utiliser le "je" pour exprimer quelque chose les concernant. François Roustang, psychanalyste, estimait que le seul vrai apprentissage au lâcher-prise relevait de l'éducation sensorielle.

"Il s'agit d'apprendre à percevoir le réel sur un mode qui ne doit rien à la connaissance intellectuelle, en nous branchant sur la multitude de perceptions auxquelles en temps ordinaire, nous sommes fermés : la voix de nos interlocuteurs, leur respiration, leur odeur, leurs gestes".

Un écran n'informe pas à ce niveau là!

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 16:55
et ça va durer longtemps?

Cette phrase je l'entends souvent et j'avoue qu'elle me laisse perplexe. Oui, "ça va durer longtemps". Combien de temps? Je ne sais pas. En revanche, je sais qu'un travail thérapeutique quel qu'il soit ne se résout pas en 3 séances. En ce qui concerne la graphothérapie clinique, il en va de même. Il s'agit d'un travail de relaxation qui prend en compte le corps (bras, main) dans l'acte de tracer. La plupart du temps les enfants, les ados qui consultent ont bien du mal à sentir à quel point ils sont tendus et à quel point cela rend l'écriture douloureuse. On ne fait pas exprès d'écrire lentement, de "s'appliquer" : on ralentit son geste tout simplement parce que cela fait mal et qu'il est impossible dans ces conditions d'accélérer. Déjà, prendre conscience de ce qui se passe dans le bras, la main, n'est pas une mince affaire. Il est nécessaire de respecter le rythme de l'enfant. Oui, c'est vrai, tout cela prend du temps et coûte de l'argent et très vite cela devient agaçant : "alors, où en est-il? ça progresse?". Comment dire que l'objectif n'est pas "ça progresse"? Comment expliquer à des parents, que même s'ils restent voués au culte de l'immédiateté, ils doivent s'efforcer de comprendre qu'un autre rapport au temps doit s'installer, plus sensible, plus propice à la détente. Je sais, on voudrait obtenir tout, tout de suite. Nous vivons à l'ère de "l'instant pickup!" = livraison immédiate! Faire attendre des parents qui ne sont pas toujours des parangons de patience signe parfois l'arrêt pur et net de la thérapie. Trop long!

Mes patients vivent dans l'urgence, dans la tension et dans l'inquiétude. Il faut qu'il y ait de l'action!!"Ah! mais qu'est-ce que c'est long 45 minutes!". Oui, parfois la séance est longue et semble longue mais au fil du temps, non. "Mais qu'est-ce que c'est fatigant d'attendre"! Oui ça l'est. Des familles entières adoptent un rythme effréné : boulot, enfants, école, courses, orthophoniste, orthodontiste, vaccins, sports, cours de danse, etc... un régime de servitude volontaire orchestré, millimétré. Une séance de thérapie pour certains enfants, c'est en effet long : ils pourraient faire tant de choses à la place! L'attente allonge les heures et les minutes et ce qui devrait être bon devient vite l'enfer. La relaxation est là pour visiter ces corps impatients, ces agités du bocal qui pensent que se détendre est presque "mourir"! Ralentir, se poser, écouter, ressentir, tout cela créé des courants-d'air dans la tête. Attendre permet aussi  d'écouter son coeur. Et on écrit avec son coeur... aussi... surtout à l'école primaire!

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 14:14
sculpture de Jurga

sculpture de Jurga

Comment être présent et sentir ce que nous vivons pour de bon? Ce n'est pas si simple d'écouter ce que nous disent nos émotions. La rentrée scolaire est passée ; chacun-e l'a affrontée avec ses propres préoccupations, tant les parents que les enfants. Pour certains de mes patients, c'est avec difficulté et la peur au ventre qu'ils ont repris le chemin des cours.

Il suffit parfois d'un seul regard, d'une remarque : d'une personne ou d'un groupe pour que tout bascule. Les parents n'imaginent pas toujours la violence qui heurte de plein fouet leur enfant. On n'empêchera jamais chez certains : l'envie d'être plus, de dominer l'autre, d'être le "caïd". D'autres en font les frais : les plus faibles, les plus sensibles, les moins bien armés parce que mal à l'aise, timides ou discrets ; ceux qui ne savent pas s'engager pour dire oui ou non, pour dire simplement, pour être.

Il existe un livre "le harcèlement scolaire en 100 questions" d'Emmanuelle Piquet, fondatrice du centre Chagrin Scolaire : une aide précieuse tant pour lutter contre le harcèlement scolaire que pour informer.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 15:34
aller en classe? pfff pas envie!

BIen sûr les vacances c'était hier et on a encore la tête à la plage, on se traîne un peu même si la rentrée c'était super! Retrouver ses copains, se raconter l'été, c'est bien mais la nouvelle maîtresse n'est pas terrible... ou bien "j'ai récupérer le prof qui ne m'aime pas!"... ou "ils ne sont pas sympas dans ma classe et je ne connais personne"...

Certains franchissent le Rubicon mais d'autres se bloquent. Cela peut être le début de soucis car la morosité de la rentrée peut se transformer en incapacité à faire face à l'école, au collège ou au lycée. Que faire face à son enfant qui refuse purement et simplement de refoutre les pieds en classe! Le traîner de force? lorsque votre grand ado qui vous dépasse d'une bonne tête met la poudre d'escampette, difficile de le traîner jusqu'au lycée! Il faut être vigilent et surveiller les absences car s'il ou elle "sèche" à répétition, cela marque un certain rejet et dans tous les cas une difficulté à faire face soit au prof, soit au regard des autres, soit à l'angoisse de ne pas y arriver, soit à entrer dans le cadre... Le processus d'autonomisation des enfants passe par de constants va-et-vient. Il est normal qu'ils s'échappent et reviennent se réfugier à la maison mais il faut veiller à ce qu'ils repartent et dépassent leurs inquiétudes.

La confiance n'est pas donnée, elle se conquiert : en acceptant la séparation, en maintenant le dialogue, en posant des balises.

Mes jeunes patients sont souvent vent debout face à la rentrée scolaire : c'est trop pour eux et l'anxiété les ronge. La moindre contrariété peut les faire chavirer et leur mettre la peur au ventre à l'idée de reprendre le chemin des cours. Avant de les déscolariser (certains parents y pensent tant le refus d'aller en classe devient phobique) et leur accorder de ne plus quitter leur tanière, il est important de penser à tout ce que cela peut entraîner : une plus grande solitude, un isolement certes réconfortant dans un premier temps mais vite problématique et surtout le risque de se retrouver hors jeu socialement. Le refus d'aller en classe doit alerter et doit être pris au sérieux ; c'est souvent le clignotant qui révèle un mal être plus profond, plus sournois ; consulter est nécessaire et souvent salvateur. Trop d'anxiété, trop d'émotion, la peur du regard de l'autre et du jugement, la crainte de ne pas être à la hauteur signent souvent le portrait d'un jeune précoce, d'un jeune déprimé, dans tous les cas d'un enfant qui a besoin d'aide. Ce n'est pas toujours un problème de compétences intellectuelles, bien au contraire ; il s'agit plutôt d'une question d'harmonie qui fait des "couacs"! leur chimie cérébrale en lien avec l'émotionnel ne fonctionne pas bien. Il y a des symptômes qui doivent alerter ; parfois l'écriture est l'unique avertisseur qui permet de découvrir d'autres indicateurs de mal être. Il est important aussi de prendre conscience qu'on ne les remet pas "en piste" en 1 mois ou 2... le travail est parfois long pour les remettre en route!

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 11:49
la rentrée.
la rentrée.

Eh oui, c'est reparti pour un tour. L'écriture fait rapidement parler d'elle, dès le départ... à peine le temps de souffler comme si cela était irrémédiable. Pourtant les apprentissages suivent un processus naturel que bien souvent nous mettons à mal ou sabordons au nom de l'efficacité et de la rapidité.

Un enfant qui écrit mal est un enfant qui a mal en écrivant (un adulte aussi). Il ne s'agit pas d'avoir une vilaine écriture, trop petite ou trop grande, pattes de mouches ou autre mais bel et bien d'être crispé sur son stylo au point d'en avoir mal aux doigts, au poignet ou au bras.  A partir de là, plein de questions se posent pour comprendre ce que la main dit et que la bouche tait, ce que les yeux fuyants ou le visage crispé tentent de partager mais qui n'arrive pas jusqu'au bout des lèvres.

"j'écris trop vite" (qui est faux la plupart du temps) car l'enfant confond vitesse et empressement, saccades et rythme. Un rythme bien construit permet de relâcher un peu la pression et de libérer la tête. Le coeur qui s'affole, l'esprit qui vérifie tout et tente de garder le contrôle quoi qu'il arrive sont autant d'éléments à prendre en compte pour alléger la main et la détendre, et par conséquent reprendre son souffle avec confiance.

Pour certains la rentrée scolaire, les apprentissages, les notes et l'acceptation de suivre des règles, chargent la barque et parfois dès les premiers jours, ils coulent ; l'écriture n'est souvent que le prétexte, que le hublot qui permet de jeter un oeil et d'apprécier l'étendue des dégâts.

Mon jeune patient arrive en traînant les pieds et en soupirant ; un brin théâtral il lance "ah... la vie... c'est tragique, vous ne trouvez pas"? La formule donne une dignité quasi philosophique à un constat très automnal! On pourrait être tenté d'en rire mais parfois difficile d'en avoir encore le pouvoir. Le "je ne veux pas grandir" arrive souvent très vite dans les premiers échanges, suivi d'un "j'ai peur". "Mes parents disent que je dois apprendre à m'aimer!"... C'est bien sûr nécessaire d'être bien avec soi-même, en revanche le plus important n'est-il pas de partager cette découverte avec l'autre? Le bonheur n'est pas accessible sans cet autre, y compris en classe ou dans la cour de récréation!.

Soutenir un enfant qui écrit mal est un moyen de l'amener à prendre conscience de lui-même. Les séances ont une forme, un cadre précis, une sorte de routine, des habitudes qui peu à peu ouvrent des portes et font entrevoir des ressources inespérées!. Ecrire se fait instinctivement : on met des mots sur des émotions, un scénario de vie, un ressenti fait de craintes, d'excitation, d'emballements ou de retraits. Le travail thérapeutique ne guérit pas toujours mais permet de repérer des schémas et de les comprendre. Chacun sa feuille de route! On apprend un autre langage et ce qui se joue n'est pas forcément ce qui se voit. Mes patients connaissent de grandes exaltations mais aussi de grandes resdescentes, tout  aussi rapides qu'imprévues. Il est nécessaire d'investir sa vie pour aller de l'avant. Autant le faire le coeur léger avec confiance.

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 12:33
la vie secrète des homards!

Belles prises!

Quand le rythme de vie s'accélère que les sollicitations de toutes sortes s'accumulent, il faut adopter des stratégies pour s'y retrouver et enfin respirer le temps des vacances. La pêche est un moyen de faire le vide, aspiration à la simplicité, au moment présent et à l'émerveillement d'avoir une "prise"! ça marche pour un homard, des crevettes, un maquereau au bout d'une ligne, une palourde qui émerge du sable ou un couteau qui "monte" tout seul alléché par quelques grains de sel.

Beau sujet de peinture...et modèles coopératifs ;  ils sont capables de rester paisiblement installés dans un bac ne bougeant que leurs antennes! La couleur des homards est magnifique et peut varier d'un bleu franc et lumineux à un rose violacé teinté de beige, de rouille et de mauve selon leur "fond" de résidence. Les homards du grand large n'ont pas la même teinte que ceux qui nichent au creux des roches du littoral. Plus je les regarde plus il me sera facile de les peindre... on n'a pas toujours le modèle sous les yeux et hélas... ceux-là vont passer à la casserole!! On peint souvent de manière inconsciente en gardant en soi l'image et l'inspiration. Le cerveau a une mémoire fulgurante ; certaines toiles se font d'un jet alors que d'autres sont plus laborieuses dès lors que s'y ajoutent la volonté de bien faire et de faire beau.
On devrait peindre comme on respire!

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 09:53
sculpture de Jurga

sculpture de Jurga

Ce matin les cloches de l'église sonnent tristement une messe d'enterrement. Devant moi une grand-mère avec son petit garçon, d'à vue d'oeil, 8-9 ans. Il s'étonne : "mamy pourquoi les cloches ne sont pas gaies ce matin?" ; sa grand-mère lui explique qu'une personne est partie! : ce sont ses funérailles! Funérailles... quel drôle de mot dit-il, un peu surpris = "il ou elle est morte, c'est ça mamy?". "oui".

Le dialogue me fait penser à un de mes jeunes patients (eh oui! même en vacances...) estampillé précoce et qui lors de notre premier rendez-vous était arrivé en brandissant son Q.I comme un étendard! puis... en ajoutant "maman m'a dit que j'écrivais mal parce que je lisais bien et que je réfléchissais trop!". Et d'ajouter : "je préfère lire, c'est plus facile quand j'ouvre le livre pour lire les premiers mots alors que les écrire...". Parti sur sa lancée il était ravi de me dire tous les mots qu'il découvrait au fil de ses lectures ; le dernier en date "funérailles"! et celui-là, avait-il ajouté, n'est pas rigolo du tout. Il y avait beaucoup réfléchi précisant que cela lui arrivait souvent et l'empêchait de dormir... ou d'écrire car perdu dans ses pensées sa main oubliait le fil des mots. Et puis ce mot, funérailles, lui flanquait la trouille. Imaginer que ceux qu'il aime pouvaient mourir un jour... c'était effrayant.

Il est fréquent que des enfants jugés "à haut potentiel" rencontrent des soucis avec leur écriture. Leur cerveau mouline plus vite que leur main et en dépit d'une intelligence pétillante leurs résultats scolaires ne sont pas toujours à la hauteur de leurs compétences. Plus on travaille avec ces enfants plus le mot -souffrance-résonne et plus on découvre à quel point ils sont très souvent plus anxieux que les autres. La mort est bien et bien un grand sujet d'inquiétude.

A force de réfléchir parfois on s'égare et on finit par ruminer les mêmes choses ; la rumination finit toujours par nous débiliter! Ce n'est que lorsque le cours des pensées s'arrête d'épuisement qu'il peut laisser place au ressenti. Mais mon jeune patient a vite repris ses questionnements : "si moi je me perds dans mes pensées, vous aussi?" et comme ça m'agace très vite... "vous le serez aussi... agacée?"... "et même que parfois je suis très triste... alors... le serez-vous aussi?".

Comment lui expliquer, sinon lui dire simplement qu'en fait lorsqu'un patient souffre, je n'ai pas à souffrir avec lui ; ça ne l'aiderait en rien, bien au contraire! On peut être auprès de quelqu'un qui souffre sans éprouver ce qu'il éprouve. Nous voilà revenus au mot "funérailles"en lien direct avec la séparation, l'absence et le temps qui s'écoule sans que l'on puisse le retenir.

Très sérieusement il me parle de son vieil oncle "machin" : dans sa paroisse, il aide les gens tristes à des funérailles! "quel drôle de boulot" ajoute-t-il. "Etre avec des personnes tristes sans l'être... ça doit être compliqué... ou alors dit-il "peut-être qu'il faut aussi être triste dans son coeur". Sa réflexion m'interpelle : oui, il me semble que la réclusion sur la souffrance anéantit tout espoir d'ouvrir les fenêtres en grand pour que l'air s'y engouffre! C'est le choix de la mort plus que de la vie, même en considérant que c'est par amour pour son prochain et que l'on touche à la vie éternelle!  La vie est mouvement, couleurs, parfums, rencontres, rires... espoir. Le gamin poursuit son raisonnement : "mais comment trouver les mots pour réconforter?". Bonne question, les mots! Comment savoir s'ils seront justes ou pas, trop ou pas assez. Parfois je crois que faire silence apaise ; rester silencieux signe sans doute notre incapacité mais peut aussi bien atténuer la peine. Etre juste présent, accompagner. C'est aussi un travail thérapeutique : prendre du champ pour accompagner un patient, se taire, acceptant -et cela arrive- que peut-être je ne pourrai pas l'aider de cette façon, en lui parlant ; c'est là, le travail graphothérapeutique, s'en remettre au corps, au ressenti ; retrouver une respiration nouvelle et faire confiance à la vie. Dans tous les cas, je choisis la vie!

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 11:57
et si tout commençait dans le ciel...
et si tout commençait dans le ciel...

Tout commence en regardant les étoiles ; le soir je m'endors en observant l'étoile directement dans mon champ de vision -elle apparait dans un petit coin du 2ème carreau de la fenêtre- ; la fixité, la brillance... j'ai l'impression qu'elle bouge et s'amuse à changer d'apparence.

Les enfants aiment très tôt regarder le ciel ; ils s'émerveillent de toutes ces petites lumières si étranges qui éclairent un si vaste univers. Pourquoi est-ce ainsi? il y a tant de questions qui jaillissent de la bouche des enfants. Il y a ce qui change, ce qui demeure et ce qui revient toujours.

Les philosophes de l'Antiquité se partageaient en deux courants ; certains pensant que tout changeait sans cesse et que la permanence des choses était un vain mot ; et les autres pour qui le changement ne comptait pas = il n'est rien vu que la seule chose qui ne change pas est le changement!

Je regarde autour de moi, à la plage, au restaurant, en courses et je vois des parents en solo avec leur ou leurs enfants. C'est dans l'air du temps sans doute, peut être même la norme de notre société ; je pense à certains de mes jeunes patients mais aussi à mon petit fils qui tout jeune déjà s'est vu passer d'un foyer à l'autre sans avoir son mot à dire. La seule chose qui ne change pas en effet est le changement. D'une vie à l'autre, d'une mère à un père, d'un lieu de vacances à un autre, d'une région à une autre, etc, etc... Dès le départ ces enfants voient double! Tout irait pour le mieux malgré tout si les parents y mettaient du leur... ce n'est pas toujours le cas et ce sont les enfants qui doivent prendre sur eux face au changement.

Certains patients sont des adeptes du sur-contrôle tout au long de l'année ; difficile pour eux de se détendre un peu pendant les vacances surtout lorsqu'ils sont très jeunes. A chaque changement il leur faut retrouver les marques quittées la veille pour s'adapter à de nouvelles à condition que le parent du moment ne s'emploie pas à pratiquer la "terre brûlée".

"Avec mon père, je ne peux faire cela!"... "avec ma mère, je mange ça ou ça"... L'ombre et la lumière sont changeants. Je constate très souvent à quel point ces enfants de parents séparés sont capables de cloisonner une vie comme s'ils empruntaient des couloirs différents selon les périodes : 15 jours ici, 15 jours ailleurs...double jeu pour le quotidien, double jeu pour les manques. Ils deviennent vite muets dès lors qu'il leur est demandé de -mettre dans un coin de leur tête- leurs souvenirs, leurs émois avec tel parent. C'est ce bouclier de protection qui parfois les rattrape et bloque tant leur corps que leur coeur.

Il y a des pauses heureusement... regarder un ciel étoilé un soir de vacances. Prendre le temps. "Ce qui donne sens et valeur à la vie humaine, c'est la contemplation de la Nature, et c'est grâce à cette contemplation que -chaque jour est une fête pour l'homme de bien-".

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 13:15
photographie de Jerôme Tisné

photographie de Jerôme Tisné

ce qui précisément n'existe pas dans les écritures dysgraphiques! tout est en trop ou en moins.

Sur quel chemin s'engager pour libérer une trace de ce qui l'encombre ou la nourrir de ce qui lui manque? L'évidence est : sensibilité. Une trace est aussi une limite entre entre deux zones, entre deux abîmes, entre deux possibilités ; la frontière est brouillée par les émotions : lâchées ou conservées jalousement.

Le quotidien des jeunes patients qui consultent est souvent placé sous le signe du -trop plein- ; saturation de la pression scolaire, familiale ; trop d'informations sur les écrans, trop de captations, de choses à faire, à apprendre, trop de préoccupations qui encombrent le corps et imbibent le coeur. Les enfants se plaignent souvent d'une impression d'écrasement plus en lien avec les demandes pressantes et l'intrication de leurs pensées et de leurs désirs.

On dit souvent que la névrose est un gribouillage! Parfois il est juste nécessaire de dégager de l'air, un espace au dehors comme au dedans afin de libérer la main et l'écriture.

Pour certains de mes jeunes patients, j'espère que les vacances et le bord de mer leur offriront un cadeau : l'apaisement, la joie de vivre. Le bonheur ne donne t-il pas du prix à la vie?

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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