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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 16:36
peinture de Catherine Seher

peinture de Catherine Seher

Les enfants non scolarisés sont plus nombreux qu'on croit. C'est une liberté qui dérange semble-t-il ; la fuite des écoles par des -libres penseurs- inquiète l'éducation nationale. Imaginez... l'instruction confiée à des parents! mais où allons-nous?

Sans doute vers un rythme différent, plus de souplesse car l'instruction en famille c'est bien plus que des devoirs, des leçons, un planning plein à craquer, des obligations alignées sur un cahier de textes ou de correspondance. Pourtant c'est certainement un choix pas facile et toutes les familles ne peuvent s'y engager. Ce type d'apprentissage apporte une nouvelle dynamique à la parentalité mais il est loin d'être dépourvu de contraintes... bien au contraire.

Je me suis interrogée sur ce choix qui amène des parents à prendre en charge la scolarité de leur(s) enfant(s). Quel engagement!  Pourtant lorsque l'expérience est réussie c'est un vrai pas en avant dans l'idée que l'on peut se faire de l'instruction.

Les parents sont parfois tellement tentés d'inscrire leurs enfants à de multiples activités, qu'en plus des heures de cours à l'école, les petits ont bien du mal à tenir la cadence. Leur vie est remplie d'activités programmées et c'est tout juste s'ils ont encore le temps de ne -rien faire-  : le temps pour soi est absent.

L'éducation à la maison, c'est un tout un programme qui s'appuie souvent sur le fonctionnement des écoles Montessori ou Steiner. Je suis sidérée de constater que ces enfants apprennent souvent mieux, plus tranquillement, à leur rythme ; un rythme qui pourrait se vivre aussi comme celui des saisons, de la nature... En été, on est plus tonique, on a besoin de passer du temps dehors, de partir en vadrouille, de s'intéresser aux animaux, aux végétaux, à l'astronomie... des leçons de "science et vie de la terre" grandeur nature. L'hiver en revanche est un moment où comme la terre on aspire à se reposer, à laisser en jachère... à lire, relire, écrire.

La cerise sur le gâteau c'est quand l'enfant ne voit plus l'apprentissage comme une finalité et qu'il découvre du plaisir dans ce qu'il entreprend. Nous ne devons pas agir "sur" l'enfant mais "autour" de lui en créant un environnement adéquate en lien avec ses besoins. Oui, en effet, c'est un programme ambitieux et un engagement de chaque jour. Pourtant le jeu n'en vaut-il pas la chandelle? Avec un environnement soutenant on accompagne les enfants sur le chemin de l'autonomie ; on les aide à entretenir leurs capacités à s'émerveiller que l'école, hélas, leur fait si souvent perdre. Comment être autonome sans avoir pleinement confiance en ses propres capacités? Je rencontre des jeunes qui doutent ; certains n'ont plus envie d'aller en cours et perdent le sens des efforts, ballotés à droite et à gauche comme s'ils n'arrivaient plus à voir l'aiguille qui indique la bonne direction.

Les "homeschoolers" associent aux apprentissages nécessaires, la musique, le dessin, les arts... Ils se servent de leur tête mais aussi de leurs mains : tissage, peinture, bricolage, conception d'objets etc... Travailler avec ses mains redescend le centre de gravité de niveau cérébral vers la région du coeur, celle des émotions, de la vie.

Une tête pour penser, un coeur pour aimer, des mains pour travailler.

Quel bonheur d'apprendre à être connecté à ses mains... autrement que par l'écriture! Etonnamment notre monde moderne oublie à quel point les activités manuelles sont importantes : elles ne font pratiquement plus partie du cursus classique... On peut apprendre aussi l'histoire et la géographie en découvrant un pays, une région "sur le vif"; s'initier à l'anglais ou à toute autre langue étrangère grâce à des méthodes qui amènent, il faut bien l'avouer, à bien plus de réussite que les cours d'anglais... à la mode française! Les enfants sont naturellement curieux et enthousiastes à condition qu'on laisse actifs et créatifs.

Et oui... problème de taille... les parents sont-ils tous tentés par un tel travail de chaque jour? Quelle discipline pour trouver les bonnes thématiques, s'y tenir, encadrer, soutenir, encourager... Tenir compte de l'allure de "ses élèves", respecter leur progression... comment les aider à surmonter les obstacles, à apprendre et à travailler seuls, bref comment grandir avec une tête bien faite qui ne demande qu'à se remplir et à se nourrir.

La différence? le planning n'est ni dicté par des programmes scolaires ni par des horaires de travail et de transport... une chance? je ne sais pas, peut-être. Ce n'est pas possible pour tout le monde. C'est un choix familial qui permet de façonner les journées à sa convenances, en fonction aussi des opportunités ; cela ne veut pas dire faire n'importe quoi, n'importe comment mais plutôt instaurer des rituels, élargir l'horizon, créer de bonnes habitudes de travail!

Tout un programme!

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

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Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

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* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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