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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 08:17
pas question de lâcher!

et pourtant nous voici à la fin de l'année scolaire... Il y a des parents inquiets parce que leur enfant a "relâché" ses efforts en fin de trimestre ; les résultats scolaires s'en ressentent et les avertissements pleuvent. Bien des soirées tournent au drame, lorsque parents et enfant se mettent au travail et passent en revue les devoirs, les leçons. Il y en a toujours un qui craque : parfois la mère, lorsque le père invite à -lâcher- un peu le gamin... soit le gamin qui n'en peut plus d'une telle pression. Certains pères voient juste : après tout, l'année ne s'est pas trop mal déroulée... et puis il y a sans doute une raison... ce à quoi une mère peut répondre :" vu l'heure à laquelle tu rentres tous les soirs, ça te va bien! on voit bien que ce n'est pas toi qui l'aides à faire son travail!". Et voilà l'annonce d'un pugilat annoncé! Tout le monde revient à la case départ. Un enfant qui ne travaille plus en classe inquiète et le laisser décrocher n'est pas la solution. Tout cela amène à des réflexions, des interrogations et c'est ainsi que certains parents prennent aussi conscience de leur degré d'anxiété ou de leur besoin de tout contrôler, de faire bien pour que tout "roule".

Parfois oser lâcher de ce "tout roule" qui étouffe l'enfant et les parents permet de redonner un peu d'oxygène à la vie familiale mais lâcher des habitudes que l'on a depuis toujours et qui sont directement en lien avec des émotions n'est pas chose facile.

Une mère peut tout à fait comprendre que parfois elle est en effet très exigeante : à un moment son enfant ne se sent plus à la hauteur de telles exigences. Pourtant, c'est plus fort qu'elle et elle va s'agripper encore plus à ce qui lui semble être la seule solution et qui d'ailleurs a fait ses preuves, ne serait-ce qu'avec elle, lorsqu'elle avait le même âge!

Un enfant qui aborde l'écriture, dès le CP, avec beaucoup d'anxiété est celui qui peut rencontrer une difficulté avec les apprentissages, notamment l'écriture. C'est le corps qui va parler et dire ce que la bouche ne peut expliquer. Au passage en CE1 ou CE2 c'est pire et que dire de l'arrivée en 6ème!

La graphothérapie clinique est un travail de relaxation avant tout ; il prend en compte le corps engagé dans la trace pour ramener un enfant à des sensations qu'il a "oubliées"! Ni questionnement intrusif, ni -enquête- (sinon auprès des parents pour mieux connaître l'histoire de l'enfant), ni jugement, ni solution, ni interprétation personnelle : juste une attention qui prend au rebond les mots de l'enfant en écho avec lui-même. L'enfant s'il le souhaite parle de lui en son nom et comprend ainsi que personne n'a de solution miracle, personne n'a à le convaincre de quoi que ce soit, ni même à donner des réponses parfaites!

C'est un accompagnement, un étayage présent et discret et surtout indéfectible dont l'objectif est de renforcer la confiance chancelante de l'enfant dans ses facultés.

Un enfant qui présente des difficultés à l'écriture est un enfant en souffrance. Il est parfois abattu ou furieux, mutique ou bavard, non concerné ou trop investi. Il n'est pas question de lui donner raison ou tort mais d'essayer de reconnaître son point de vue comme étant le sien. C'est ainsi et c'est son vécu au quotidien.

Une parole se doit d'acquérir du sens. Les jeunes qui consultent sont très souvent privés du sens de leurs paroles ; des phrases tombent, comme cela, comme "un cheveu sur la soupe" : exemple "j'ai pleuré en classe"??? Rien de plus... comme s'il leur était impossible de relier les larmes à une émotion qui les a fait naître. Au fil du travail thérapeutique il s'exercent "à être" : entraînement à l'intérieur de soi pour que à l'usage le jeune accède à plus d'autonomie. Cet entraînement touche à une attitude : celle du corps.

Je suis toujours surprise de leurs réponses à cette simple question : "qu'est-ce qui t'intéresse en classe, ou lorsque tu as du temps de libre??" Bien souvent il n' y a pas de réponse. Non pas qu'il n'y ait rien eu d'intéressant mais très souvent il leur est difficile de se remémorer ou de se centrer sur ce qui a pu retenir leur attention : ils n'y sont pas! Parfois l'émotionnel est tel qu'ils oublient tout ce qu'ils ont appris! "je suis complètement perdu...j'ai tout oublié".

L'écriture non "présentable" n'est alors qu'un signe qui alerte du mal être psychique d'un jeune. Et c'est pour cela qu'il est important de les aider dès qu'ils perdent pied.

"J'aimerais libérer ton esprit, mais je ne peux que te montrer la porte ; c'est à toi qu'il appartient de la franchir"...

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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