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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 17:30
raconte-moi une histoire!
raconte-moi une histoire!

"j'avais écrit une formule magique.... pour avoir moins de problèmes en classe... mais il ne s'est rien passé!".

D'un côté la réalité : les résultats scolaires qui sont en chute libre et de l'autre côté, la formule magique, l'illusion d'avoir le pouvoir de changer les choses. Je comprends qu'il soit désenchanté ; pourtant il doit faire face à la réalité et ce n'est pas si simple que cela.

C'est vrai, on rêverait d'un conte qui puisse prendre soin des enfants qui souffrent, un conte qui pourrait leur restituer un petit espace au creux de leur coeur, un petit coin intime qui saurait leur montrer leurs talents et qui saurait aussi les éloigner de toutes leurs pensées négatives, critiques et parfois même toxiques.

"cela s'appelle un jardin secret"! dit-il ; -oui, un espace bien à toi que personne ne peut envahir ou piétiner. Y aurait-il un gardien?... une sorte de "sage" qui veillerait à ce que les émotions soient reconnues pour ce qu'elles sont? Oui, une sorte de cerbère qui protègerait cet espace sacré . Un cerbère qui saurait reconnaître la peur, la colère, la tristesse et faire en sorte que rien ne soit confus.

Les enfants trouvent très souvent leur histoire à eux, leur conte personnel et s'amusent à y glisser des bribes de leurs tracas ; c'est le côté thérapeutique des histoires et depuis la nuit des temps, les hommes ont besoin d'histoires. Milton Erickson avait très bien compris à quel point les histoires crées -sur mesure- peuvent être salvatrices tout comme Joyce Mills ou R. Crowley. Les enfants sont friands de métaphores ; ils en captent immédiatement le sens et cherchent à leur tour les leurs.

Pour certains l'écriture reste magique et les lettres, les mots renferment des secrets. Lorsqu'un enfant réclame une aide pour aller mieux, pour résoudre ses problèmes, il est nécessaire de l'inviter à reconnaître son mal être afin qu'il puisse le relier à une cause précise (si c'est possible) et du même coup y trouver un sens. De même que pour sentir la détente il faut pouvoir sentir la tension, il convient de sentir ce qui fait mal pour pouvoir s'en séparer. Mes jeunes patients consultent avec en poche deux comportements : soit ils reconnaissent qu'ils ont le moral dans les chaussettes et que ça ne va pas fort, soit ils nient en bloc : "moi? tout va bien!".

Les histoires, les contes aident parfois à dire ou à toucher du doigt ce qui blesse. "Peau d'âne", "Poil de Carotte", le "vilain petit canard", Peter Pan, etc... voire même Harry Potter.
Ils aimeraient tant que tout soit magique...ce n'est pas le cas et la déception est à la hauteur de leurs espérances ; un peu de poudre de perlimpimpin n'a jamais aider un voeu à se réaliser.

Les jeunes "Peter Pan" ou les "fées Clochette" ne souffrent que d'un manque de confiance en soi ; ils se perdent entre le réel et l'imaginaire et ne sont pas bien équipés pour supporter le vécu de leur quotidien. Soit ils ne sont pas -étanches-, soit ils sont anesthésiés! Les petites histoires qu'ils se racontent les aident à voir la vie autrement.

"Les étoiles sont très jolies mais elles ne peuvent prendre part à aucune action ; elles se contentent de regarder sans fin. C'est une punition qu'on leur a imposée pour quelque chose qu'elles ont fait il y a si longtemps qu'elles-mêmes ne se rappellent plus ce que c'était" (J-M Barrie - Peter Pan)

C'est ainsi que des enfants se replient sur eux-mêmes, plongés dans leurs "histoires". On dit alors qu'ils sont "ailleurs" ; ils n'écoutent plus en classe, s'absentent et très vite les enseignants parlent de manque de concentration ou de troubles de l'attention. Ce n'est pas toujours le cas. La vie se retranche à l'intérieur et le comble est que l' on dit de certains "qu'ils sont sans histoire"... C'est bien tout le contraire....

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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