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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 17:00
une maltraitance sans trace

Lors du premier entretien en vue d'une prise en charge thérapeutique, je vois plus souvent les mères que les pères : "il n'a pas le temps... vous savez... c'est moi qui gère les rendez-vous". Mais il arrive aussi qu'ils soient présents et s'expriment concernant les difficultés de leur fils ; ce qui est toujours intéressant et même révélateur du comportement de leur enfant. Les problèmes scolaires, les problèmes de communication, la place à la maison dans la fratrie ou au sein du couple, l'histoire de l'enfant depuis sa naissance... tout est évoqué et souvent en lien avec les traits de caractère des parents, des frères et soeurs s'il y en a.

On dit que l'on travaille bien en thérapie lorsque l'on a accès à 3 générations ; c'est vrai et cela éclaire bien souvent sur les soucis rencontrés au niveau des descendants. N'oublions pas que les parents sont d'anciens enfants!

Ce jour là, un père fait part de son questionnement face aux difficultés de son fils qui écrit mal et qui n'est pas attentif en classe, "glande" et "n'en fout pas une"! à une remarque écrite sur le livret de son ado : "a besoin d'être cadré"... Subitement le ton monte : émotionnellement cela fait référence aux remarques de son propre père et visiblement le plonge dans une grande colère. Quelle idée d'être venus consulter pour "ça"! Encore une idée de sa mère!! lance-t-il pour justifier son mécontentement

Voilà que l'on reparle de cette histoire d'autonomie! Serait-il responsable, à son tour, des difficultés de son fils à trouver sa place et à avoir confiance en lui??

C'est un bon démarrage pour une réflexion thérapeutique! Mais c'est compliqué car lorsque l'on travaille avec de jeunes patients, il faut aussi écouter les parents sans pour autant être intrusif. On ne peut que tendre l'oreille, hocher la tête, reformuler et les amener à poser des liens en faisant le tri dans leurs souvenirs et leurs émotions.

Dans une saga familiale il y a des pères qui à leur tour pèsent de tout leur poids sur l'autonomie naissante de leur fils, surtout à l'adolescence ; ils rejouent ainsi la pièce qu'on leur a jouée au même âge, inconsciemment.  Parfois cela va très loin et ils se retrouvent aussi en position de force ; les voilà à leur tour avec le pouvoir et l'art de détruire ce qui rend heureux, ce qui donne confiance en soi, ce qui fait que l'on a envie de se lancer dans l'aventure de sa vie de jeune adulte.

Certains pères ne supportent pas, par exemple, que leur fils réussisse mieux qu'eux. Ils se doivent d'être "au-dessus" en toute situation. Ils sont l'exemple ; ils sont la référence, presque le -mâle dominant-. Cela peut poser problème dans la vie professionnelle du fils qui ne s'autorisera pas à faire des études plus poussées, à gagner plus, à être "meilleur". Parfois aussi cela peut briser une vie d'homme qui ne trouve aucune compagne digne du père! C'est ce qui fait naître de futurs manipulateurs. On ne naît pas pervers, on le devient.

Ce fils qui rencontre des difficultés dans ses réalisations scolaires... ???Ce n'est pas acceptable "c'est de la faute de sa mère! elle le couve trop!" ;  cela les renvoie à la relation qu'ils ont eue à leur propre mère, la plupart du temps non aisée. Ils s'acharnent alors sur la mère de leur enfant et sur l'enfant : surtout un fils. Les remarques sont souvent désagréables et la relation toxique ; tout est fait pour rabaisser tant la mère que l'enfant.

Très vite l'intérêt et l'empathie affichés pour les problèmes du fils s'évaporent pour montrer la réalité du conflit. C'est souvent violent et secret ; ce que j'appelle "une maltraitance sans trace".

Tout cela se joue dans mon bureau, à partir d'une toute petite remarque et cela créé très rapidement de fortes turbulences. Heureusement parfois, c'est l'amour qui prend le pas sur la colère ; la demande d'aide ainsi que le symptôme qui amènent à consulter sont entendus ; hélas aussi il arrive qu'il n'y ait aucune suite et pas de prise en charge car le père ne peut le permettre

C'est là aussi la source des difficultés du fils : la peur de mal faire, la crainte de s'inscrire et d'être le fils de... la peur aussi de contrarier ce père tout-puissant. C'est ce que raconte l'écriture empêchée...

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

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Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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