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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 11:49
la rentrée.
la rentrée.

Eh oui, c'est reparti pour un tour. L'écriture fait rapidement parler d'elle, dès le départ... à peine le temps de souffler comme si cela était irrémédiable. Pourtant les apprentissages suivent un processus naturel que bien souvent nous mettons à mal ou sabordons au nom de l'efficacité et de la rapidité.

Un enfant qui écrit mal est un enfant qui a mal en écrivant (un adulte aussi). Il ne s'agit pas d'avoir une vilaine écriture, trop petite ou trop grande, pattes de mouches ou autre mais bel et bien d'être crispé sur son stylo au point d'en avoir mal aux doigts, au poignet ou au bras.  A partir de là, plein de questions se posent pour comprendre ce que la main dit et que la bouche tait, ce que les yeux fuyants ou le visage crispé tentent de partager mais qui n'arrive pas jusqu'au bout des lèvres.

"j'écris trop vite" (qui est faux la plupart du temps) car l'enfant confond vitesse et empressement, saccades et rythme. Un rythme bien construit permet de relâcher un peu la pression et de libérer la tête. Le coeur qui s'affole, l'esprit qui vérifie tout et tente de garder le contrôle quoi qu'il arrive sont autant d'éléments à prendre en compte pour alléger la main et la détendre, et par conséquent reprendre son souffle avec confiance.

Pour certains la rentrée scolaire, les apprentissages, les notes et l'acceptation de suivre des règles, chargent la barque et parfois dès les premiers jours, ils coulent ; l'écriture n'est souvent que le prétexte, que le hublot qui permet de jeter un oeil et d'apprécier l'étendue des dégâts.

Mon jeune patient arrive en traînant les pieds et en soupirant ; un brin théâtral il lance "ah... la vie... c'est tragique, vous ne trouvez pas"? La formule donne une dignité quasi philosophique à un constat très automnal! On pourrait être tenté d'en rire mais parfois difficile d'en avoir encore le pouvoir. Le "je ne veux pas grandir" arrive souvent très vite dans les premiers échanges, suivi d'un "j'ai peur". "Mes parents disent que je dois apprendre à m'aimer!"... C'est bien sûr nécessaire d'être bien avec soi-même, en revanche le plus important n'est-il pas de partager cette découverte avec l'autre? Le bonheur n'est pas accessible sans cet autre, y compris en classe ou dans la cour de récréation!.

Soutenir un enfant qui écrit mal est un moyen de l'amener à prendre conscience de lui-même. Les séances ont une forme, un cadre précis, une sorte de routine, des habitudes qui peu à peu ouvrent des portes et font entrevoir des ressources inespérées!. Ecrire se fait instinctivement : on met des mots sur des émotions, un scénario de vie, un ressenti fait de craintes, d'excitation, d'emballements ou de retraits. Le travail thérapeutique ne guérit pas toujours mais permet de repérer des schémas et de les comprendre. Chacun sa feuille de route! On apprend un autre langage et ce qui se joue n'est pas forcément ce qui se voit. Mes patients connaissent de grandes exaltations mais aussi de grandes resdescentes, tout  aussi rapides qu'imprévues. Il est nécessaire d'investir sa vie pour aller de l'avant. Autant le faire le coeur léger avec confiance.

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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