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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 15:24
la pratique de tout art...

La pratique d'un art, quel qu'il soit exige de la discipline. Sans ascèse nous n'excellerons en rien. La concentration est une chose nécessaire à la maîtrise d'un art. Pourtant la concentration est de plus en plus mis à mal dans notre société où nous sommes tous embarqués dans une foule d'activités, dispersés et parfois confus. Je n'ai qu'à écouter mes patients et leurs parents ; "il n'arrive pas à se concentrer, il est tout le temps distrait ...". Nous faisons tous plusieurs choses à la fois! Parfois ce manque de concentration nous dit avant tout à quel point cela nous est difficile d'être seul avec nous mêmes. Certains patients s'agacent vite, obligés d'être attentifs à eux-mêmes ; ils sont vite agités, fébriles, voire angoissés. D'autres se laissent porter par leurs pensées, leur emploi du temps à venir...ce qu'ils vont faire le lendemain, etc... et enfin, il y a ceux qui parlent... incapables de se taire et d'être dans le silence.

La patience est aussi très sollicitée ; elle est même indispensable. On n'apprend pas un art en 2, 3 cours rapides. Il faut s'accrocher pour ne pas céder à la facilité et ne pas baisser les bras en cours de route. Tout est conçu pour aller vite et ne pas lambiner.

Il faut du temps avant de se lancer ; on contourne, on tâtonne, on expérimente, on se "plante" aussi ; il arrive même que l'on fasse des exercices, des gammes, avant d'entrer dans le vif du sujet. Cela fait partie du jeu.

On en revient à ce mot un peu haï par les jeunes : la discipline! ils la confondent souvent avec autre chose : une obligation, une contrainte qui leur imposée de l'extérieur alors qu'il en va tout autrement. La discipline peut être plaisante ; elle est alors le reflet de nos choix et de notre volonté. C'est là toute la différence. Dans les apprentissages, il est souvent plus facile de faire "comme si" ; certains s'emparent de la nouveauté, d'une technique, d'un cours sur telle ou telle matière à toute vitesse : le contenu est pré-digéré et le résultat "plaqué". Je pense à un jeune adulte incapable de faire l'effort de comprendre la grammaire, l'orthographe et utilisant le minimum de mots dans la conversation = "trop de règles!!"... il s'était mis à saupoudrer la conversation de mots très différents de son vocabulaire habituel, juste pour -faire savant- et impressionner : "ce n'est pas un copain... je lui ai dit : arrête de faire des sophismes cela m'agace".... Sophisme?? A n'en point douter il venait d'apprendre ce mot et l'employait sans cesse espérant ainsi dominer la communication... et moi, assise en face de lui. Il s'attendait sans doute à ce que je lui demande s'il comprenait bien le sens de ce mot! Sophisme... argument trompeur... c'est le moins que l'on puisse dire... Mais sait-il qu' Aristote a le premier traité des sophismes? qu'il y a des sophismes déductifs et inductifs?? Qu'importe.

Tout cela pour en arriver à la conclusion : qu'il n'y a pas de recette magique, de mode d'emploi. A chacun de trouver et d'emprunter son chemin pour son compte propre : cela demande discipline, concentration, efforts et amour.

Celui qui ne sait rien, n'aime rien. Celui qui n'est capable de rien ne comprend rien. Celui qui ne comprend rien est sans valeur. Mais celui qui comprend, celui-là aime, observe, voit...Plus on en sait sur une chose, plus grand est l'amour... Qui imagine que tous les fruits mûrissent en même temps que les fraises ne sait rien des raisins. Paracelse.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 17:00
une maltraitance sans trace

Lors du premier entretien en vue d'une prise en charge thérapeutique, je vois plus souvent les mères que les pères : "il n'a pas le temps... vous savez... c'est moi qui gère les rendez-vous". Mais il arrive aussi qu'ils soient présents et s'expriment concernant les difficultés de leur fils ; ce qui est toujours intéressant et même révélateur du comportement de leur enfant. Les problèmes scolaires, les problèmes de communication, la place à la maison dans la fratrie ou au sein du couple, l'histoire de l'enfant depuis sa naissance... tout est évoqué et souvent en lien avec les traits de caractère des parents, des frères et soeurs s'il y en a.

On dit que l'on travaille bien en thérapie lorsque l'on a accès à 3 générations ; c'est vrai et cela éclaire bien souvent sur les soucis rencontrés au niveau des descendants. N'oublions pas que les parents sont d'anciens enfants!

Ce jour là, un père fait part de son questionnement face aux difficultés de son fils qui écrit mal et qui n'est pas attentif en classe, "glande" et "n'en fout pas une"! à une remarque écrite sur le livret de son ado : "a besoin d'être cadré"... Subitement le ton monte : émotionnellement cela fait référence aux remarques de son propre père et visiblement le plonge dans une grande colère. Quelle idée d'être venus consulter pour "ça"! Encore une idée de sa mère!! lance-t-il pour justifier son mécontentement

Voilà que l'on reparle de cette histoire d'autonomie! Serait-il responsable, à son tour, des difficultés de son fils à trouver sa place et à avoir confiance en lui??

C'est un bon démarrage pour une réflexion thérapeutique! Mais c'est compliqué car lorsque l'on travaille avec de jeunes patients, il faut aussi écouter les parents sans pour autant être intrusif. On ne peut que tendre l'oreille, hocher la tête, reformuler et les amener à poser des liens en faisant le tri dans leurs souvenirs et leurs émotions.

Dans une saga familiale il y a des pères qui à leur tour pèsent de tout leur poids sur l'autonomie naissante de leur fils, surtout à l'adolescence ; ils rejouent ainsi la pièce qu'on leur a jouée au même âge, inconsciemment.  Parfois cela va très loin et ils se retrouvent aussi en position de force ; les voilà à leur tour avec le pouvoir et l'art de détruire ce qui rend heureux, ce qui donne confiance en soi, ce qui fait que l'on a envie de se lancer dans l'aventure de sa vie de jeune adulte.

Certains pères ne supportent pas, par exemple, que leur fils réussisse mieux qu'eux. Ils se doivent d'être "au-dessus" en toute situation. Ils sont l'exemple ; ils sont la référence, presque le -mâle dominant-. Cela peut poser problème dans la vie professionnelle du fils qui ne s'autorisera pas à faire des études plus poussées, à gagner plus, à être "meilleur". Parfois aussi cela peut briser une vie d'homme qui ne trouve aucune compagne digne du père! C'est ce qui fait naître de futurs manipulateurs. On ne naît pas pervers, on le devient.

Ce fils qui rencontre des difficultés dans ses réalisations scolaires... ???Ce n'est pas acceptable "c'est de la faute de sa mère! elle le couve trop!" ;  cela les renvoie à la relation qu'ils ont eue à leur propre mère, la plupart du temps non aisée. Ils s'acharnent alors sur la mère de leur enfant et sur l'enfant : surtout un fils. Les remarques sont souvent désagréables et la relation toxique ; tout est fait pour rabaisser tant la mère que l'enfant.

Très vite l'intérêt et l'empathie affichés pour les problèmes du fils s'évaporent pour montrer la réalité du conflit. C'est souvent violent et secret ; ce que j'appelle "une maltraitance sans trace".

Tout cela se joue dans mon bureau, à partir d'une toute petite remarque et cela créé très rapidement de fortes turbulences. Heureusement parfois, c'est l'amour qui prend le pas sur la colère ; la demande d'aide ainsi que le symptôme qui amènent à consulter sont entendus ; hélas aussi il arrive qu'il n'y ait aucune suite et pas de prise en charge car le père ne peut le permettre

C'est là aussi la source des difficultés du fils : la peur de mal faire, la crainte de s'inscrire et d'être le fils de... la peur aussi de contrarier ce père tout-puissant. C'est ce que raconte l'écriture empêchée...

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 10:08
Le plongeur paper pool David Hockney
Le plongeur paper pool David Hockney

Le plongeur paper pool David Hockney

Juste un rappel : un travail thérapeutique est une partie qui se joue à plusieurs! : le thérapeute, le patient, son inconscient et les troubles qui l'ont amené à consulter. Et voilà! tout le monde est embarqué dans le même véhicule.

Un jeune qui souffre de troubles de l'écriture se bat contre un symptôme : un surplus de tension qui empêche la libre inscription de l'écriture ; c'est la porte d'entrée. Une fois le seuil franchi, d'autres manifestations psychosomatiques se révèlent, bon gré mal gré. Un patient se bagarre toujours, quel que soit son âge contre une force intérieure et inconsciente qui l'invite à faire bon ménage avec ses douleurs plutôt qu'à se risquer à franchir une porte sans savoir ce qu'il y a derrière.

Les enfants qui consultent parce qu'ils n'arrivent pas à écrire vite et bien le font parce qu'ils ont pris conscience que quelque chose d'autre clochait ; c'est ce qui les amène à demander de l'aide et à s'impliquer dans une cure thérapeutique.

Il est nécessaire qu'ils se sentent concernés mais souvent, en dépit de leur désir d'être aidés, certains ressentent une grande peur ; il faut alors de prendre le temps de ne pas les bousculer car inconsciemment c'est le corps qui va traduire la crainte de faire face à ce qui ne va pas. J'ai souvent des jeunes patients qui tombent, se cassent le poignet, un bras voire un pouce : petit clin d'oeil "pouce! s.v.p"... ce qui pointe précisément l'objet de leurs tourments : "je me suis cassé le bras... je ne peux plus écrire!"...

Un vent de fronde souffle d'un coup. Et si cette aide allait mettre en péril ma belle organisation, le contrôle qui m'anime et sans lequel j'ai peur de tout ce que je ne connais pas?? et si cette tension continuelle me quittait?? "et si en me faisant aider j'allais aimer l'école??". Entre garder et relâcher, que choisir? Il faut comprendre ce qui se passe pour rétablir l'équilibre.

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 13:09
bientôt la plage!!

bientôt la plage!!

"Qu'est-ce que ça veut dire être dérangé?"

Question posé par un espiègle petit bonhomme qui, en dépit d'un Q.I élevé, s'interroge sans cesse sur ses capacités intellectuelles. L'école ne lui rend pas toujours la vie facile. Etre différent, c'est parfois bien compliqué à gérer.

Bien sûr il a du mal à se concentrer ; son esprit est toujours en ébullition et curieux de tout il passe du "coq à l'âne" tout en suivant le fil de ses idées. La graphothérapie clinique est un travail de relaxation, pas un travail de rééducation. Et pourtant me dit-on : il faudrait au-delà de cette écriture qui dérange elle aussi, rééduquer la main et la tête! Non... certainement pas ; ce n'est pas l'enjeu de cet accompagnement en lien avec une demande d'aide, une demande de soulagement corporel.

Certains de mes patients, au premier regard, laissent perplexe! Ils s'amusent très souvent aussi à mettre mal à l'aise leur interlocuteur et font "l'âne pour avoir du foin". Comment dire... dès les tout premiers temps de la vie certains naissent avec dans leurs bagages, plus de sensibilité, plus d'inquiétudes aussi. Ce n'est pas une catastrophe ; juste quelques petits "plus" qui leur créent bien des tracas. Derrière le masque lisse de leur visage on découvre la plupart du temps une météo bien changeante. Un adolescent s'en expliquait très clairement : "je peux rester ainsi  des heures... impassible.... dans mes pensées ; on me fout la paix.... et personne ne peut deviner ce qu'il y a derrière". C'est vrai car c'est souvent une habitude de -routard- ; les "agités du bocal" sont capables de déployer des trésors d'ingéniosité pour dissimuler au regard de l'autre tout ce qui les met en émoi. A ce jeu là, le prix est lourd à payer ; à force de s'anesthésier pour se rendre présentable et ne pas déranger l'ordre bien pensant, on finit par se couper de soi-même. D'où l'intérêt d'une pratique thérapeutique qui n'a comme unique ambition de les rendre à eux-mêmes = dérangeants, percutants, curieux, questionneurs... sans mettre à mal leur corps et leur coeur.

"La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" (René Char)

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 08:57
sculpture de Jurga

sculpture de Jurga

Voici une "lettre d'enfant de parents séparés" ; elle émane du site jafland

Evidemment... c'est dans le meilleur des cas! et ne rêvons pas... en lisant toutes ces demandes, on est parfois bien loin de cette réalité idyllique. Mais cette lettre a le mérite de faire réfléchir. Bien des parents oublient qu'à un moment ils se sont aimés et qu'un enfant est né de leur union.

Bien sûr, selon les histoires de chacun... cela peut ressembler au "pays de Oui Oui"... Certes... et il est nécessaire de prendre en compte la raison des séparations. Quitter une personne parce qu'on ne l'aime plus c'est autre chose que de la quitter parce qu'elle présente des troubles de la personnalité, qu'elle vous menace, vous manipule ou agit avec violence. C'est alors compliqué de demander à certains parents de bien se comporter : ils ne l'ont jamais fait et ne reconnaissent en leur enfant qu'un "bien " qui leur appartient et dont ils souhaitent priver l'autre parent. Difficile de trouver le bon tempo! Certaines mères tendent la main au père et celui-ci s'empresse de la saisir pour mieux la faire plier. Certains pères jouent la carte de la transparence et du comportement de "bon père de famille" mais avec, toujours, l'idée de -faire payer- à la mère la séparation (si c'est elle qui en est l'origine)... (et v.v)

Bref, cette petite lettre est pour tous ces parents qui oublient qu'un enfant souffre et que c'est lui qui est soumis à une résidence alternée. Tous les professionnels de la santé mentale de l'enfant considèrent la séparation, le sentiment de perte et d'abandon et l'état dépressif qui peuvent en découler comme un risque majeur pour la santé psychique de l'enfant, surtout s'il est jeune. Si un enfant à l'impression qu'il n'est ni entendu, ni écouté et qu'il n'a aucun recours à son mal être, il en vient à se couper de son propre ressenti et à se cliver, s'anesthésiant affectivement en quelque sorte : sentir la souffrance d'un vécu de séparation est si intolérable qu'il est préférable en effet de ne plus rien ressentir (cf. R. Roussillon)

Voilà pourquoi il est vital de comprendre les troubles de la séparation. Qui a dit qu'un enfant "supporte très bien la séparation"??? Un grand nombre de parents... seul moyen aussi de s'anesthésier pour se rassurer.

Pourtant un enfant ne fait que prendre sur lui pour se conformer à ce que l'on attend de lui et c'est bien là que les soucis commencent.

Chère Maman, Cher Papa,

N'oubliez jamais :  je suis l'enfant de vous deux. Maintenant, vous ne vivez plus ensemble, mais j'ai besoin aussi bien de l'un que de l'autre.

Ne me demandez  pas si j'aime plus l'un ou l'autre. Je vous aime tous les deux autant. Ne critiquez donc pas l'autre devant moi. Car cela me fait mal.

Aidez-moi à maintenir le contac avec celui d'entre vous chez qui je ne suis pas. Formez son numéro de téléphone pour moi, ou écrivez-moi son adresse sur une enveloppe. Aidez-moi, à Noël ou à l'occasion de son anniversaire, de lui confectionner ou de lui acheter un beau cadeau. De mes photos, faites-en toujours une copie pour l'autre.

Conversez comme des adultes. Mais conversez. Et ne m'utilisez pas comme messager entre vous, encore moins pour des messages qui rendront l'autre triste ou furieux.

Ne soyez pas triste quand je vais chez l'autre. Celui que je quitte ne doit pas penser que je ne l'aimerai plus d'ici quelques jours. Je préférerais toujours être avec vous deux. Mais je ne peux pas me couper en deux, seulement parce que notre famille s'est déchirée.

Ne prévoyez jamais durant le temps qui m'appartient avec l'autre. Une partie de mon temps est à ma Maman et à moi ; une partie de mon temps est à mon Papa et à moi. Soyez compréhensifs.

Ne soyez ni étonnés ni fâchés quand je suis chez l'autre et que je ne donne pas de nouvelles. j'ai maintenant deux maisons. Et je dois bien les distinguer, sinon je ne m'y retrouve plus du tout. Ne me passez pas à l'autre, à la porte de la maison, comme un paquet. Invitez l'autre pour un court instant à l'intérieur et conversez. Quand je suis recherché ou ramené, laissez moi un court instant avec vous deux. Ne détruisez pas ce moment en vous fâchant ou en vous disputant.

Laissez-moi être ramené par quelqu'un d'autre de la Maternelle ou de chez des amis si vous ne pouvez supporter le regard de l'autre.

Ne vous disputez pas devant moi. Soyez au moins aussi poli que vous le seriez avec d'autres personnes, comme vous l'exigez aussi de moi.

Ne me racontez pas des choses que je ne peux pas encore comprendre. Discutez en avec d'autres adultes, mais pas avec moi.

Laissez-moi amener des amis chez tous les deux. Je souhaite qu'ils puissent connaître ma Maman et mon Papa et les trouver sympa.

Mettez-vous d'accord au sujet de l'argent. Je ne souhaite pas que l'un en ait beaucoup et l'autre très peu. Il faut que ce soit bien pour tous les deux, ainsi je pourrai être à l'aise chez tous les deux.

N'essayez pas de m'habituer à la surenchère. De toutes les façons, je ne pourrais jamais manger tout le chocolat que j'aimerais.

Dites-moi franchement s'il vous arrive de ne pas pouvoir boucler le budget. Pour moi, le temps est bien plus important que l'argent. Je m'amuse bien plus avec un jouet simple et comique qu'avec un nouveau jouet.

Ne soyez pas toujours "actifs" avec moi. Cela ne doit pas toujours être quelque chose de fou ou de neuf quand vous faîtes quelque chose avec moi. Pour moi, le plus beau c'est quand nous sommes simplement heureux en train de jouer et que nous avons un peu de calme.

Laissez le plus possible de choses identiques dans ma vie, comme c'était avant la séparation. Cela commence par ma chambre, ensuite sur les petites choses que j'ai faites tout seul avec mon Papa ou ma Maman.

Soyez aimable avec les grands-parents. Ils m'aiment et je les aime. Ils veulent aussi être à mes côtés. Vous seriez aussi à mes côtés si je n'allais pas bien! Je ne veux pas perdre, en plus mes grands-parents!

Soyez "faire play" avec le nouveau compagnon que l'un d'entre vous rencontre ou a déjà rencontré. Je dois aussi m'entendre avec ces autres personnes. Je préfère quand vous ne vous espionnez pas jalousement l'un l'autre. Ce serait de toute façon mieux pour moi si vous rencontriez rapidement tous les deux quelqu'un que vous aimiez. Vous ne serez plus aussi fâché l'un envers l'autre.

Soyez optimistes. Vous n'avez pu gérer votre couple, mais laissez-nous au moins le temps que cela se passe ensuite bien. Si vous ne faites pas cela vous n'aurez pas compris comme je me sens et ce dont j'ai besoin pour me sentir heureux.

 

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 15:58
un temps qui s'étend...

Dans ma pratique thérapeutique mes patients n'ont pas trop envie de grandir... qu'ils aient 8 ans ou 16... voire 20 ans, le problème est là et l'adolescence devient un temps qui s'étend de plus en plus. Bien sûr les perspectives professionnelles ne sont pas enthousiasmantes surtout chez des jeunes naturellement plus anxieux que d'autres. Tout est prétexte à freiner des quatre fers! Plus âgés ils quittent moins vite le foyer familial ; les difficultés matérielles retardent l'autonomie : partir oui... mais comment faire? Ils sont contraints de rester chez leurs parents et ce n'est pas simple. D'où des sentiments de désespérance, d'anxiété, des troubles de l'estime de soi et de grands moments de doute.

Certains de mes "grands" patients... sont bien embarqués dans leurs études mais parfois ils sont dans "le pot au noir". En bateau on utilise ce terme lorsqu'il n'y a plus de vent : on est bloqué et il faut attendre que la voile se gonfle à nouveau! ça peut durer longtemps! Le lien avec l'extérieur se cantonne souvent au virtuel : les jeux en ligne, les réseaux sociaux. Une façon comme une autre de s'anesthésier... une autre période de latence où plus rien ne bouge. J'entends souvent, lorsqu'il leur est possible de parler un peu d'eux : "j'ai peur... la réalité est dure à affronter". Ce ne sont pas ceux qui s'agitent le plus, vocifèrent ou font les quatre cents coups qui vont le plus mal ; je suis plus inquiète pour ceux qui ne parlent pas : les crises sont alors silencieuses et le désespoir muet.

En cette fin d'année scolaire, je souhaite que les vacances leur soient douces et apaisantes ; je ne peux empêcher certains de s'inquiéter déjà pour la rentrée au point d'en oublier l'été!

Difficile de leur dire que cette période de leur vie n'est qu'une crise à passer ; c'est sans doute le prix à payer pour que la chenille se métamorphose en beau papillon. Se pointent à l'horizon les rencontres, l'amour, la vie sexuelle et en contre-partie le risque de séparations, des peines de coeur... tout ce qui fait mal et qui fait que les sentiments, ce n'est pas du gâteau!

C'est ainsi que l'on quitte l'enfance pour aller vers sa vie d'adulte et il faut bien en passer par là. "Zèbre ou ne pas zèbre" pour paraphraser un de mes jeunes patients ; l'humour est souvent un bon moyen de tenir le coup! Le déni aussi, mécanisme de défense puissant ; il touche parfois aussi les parents qui font l'autruche pour se rassurer : "tout va bien, c'est juste son écriture qui flanche!" Les parents ne doivent pas banaliser la souffrance psychique de leur enfant, ni tenter d'y apporter des explications rapides, simplistes. Je leur dis souvent qu'au lieu de questionner leur jeune, de vouloir à tout prix obtenir des explications avec des "pourquoi" incessants il est préférable de leur montrer qu'ils -voient- que quelque chose cloche : "tu n'as pas l'air bien... tu sembles bien triste en ce moment... tu es tendu, tu ne trouves pas?"; "on s'inquiète pour toi, parce que nous sommes tes parents...".

Dans la mesure du possible et dans le cadre où tout le monde est d'accord, je vois de préférence les deux parents ; l'idéal est qu'ils soient ensemble convaincus du bien fondé de leur démarche (souvent à l'initiative d'un seul parent) ; bref, ce n'est pas toujours simple.

Pourtant rien n'est anodin ; passé le constat d'une difficulté à l'écriture d'autres troubles sont évoqués plus ou moins prégnants : une crise d'angoisse, des migraines à répétition, de l'eczéma, des troubles du sommeil : le corps parle, il protège notre Moi de la souffrance ou de trop de douleur morale. Il s'agit par conséquent de se retrouver dans un corps, un bras, une main qui trace ; se retrouver dans son corps quand on en a perdu le mode d'emploi. L'écriture n'est alors qu'une perche tendue qui raconte notre histoire. Car c'est souvent en explorant l'histoire affective d'un patient que l'on augmente ses chances de guérison. C'est de manière très progressive que l'on peut retricoter ensemble le corps, les mots et les émotions qui donnent sens à ce qui est ressenti petit à petit.
Les troubles de l'écriture sont des troubles d'origine psychosomatique et nous pouvons tous avoir une maladie somatique ; la somatisation résultant d'un processus traumatique de "démentalisation". Le trop-plein émotionnel se déporte alors sur le corps.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 09:42
mains négatives et positives -grotte d'Altamira-  Plisson -reflet métallique-
mains négatives et positives -grotte d'Altamira-  Plisson -reflet métallique-
mains négatives et positives -grotte d'Altamira-  Plisson -reflet métallique-

mains négatives et positives -grotte d'Altamira- Plisson -reflet métallique-

"Je dessine ma main"! comme pour faire connaissance avec elle en contournant chaque doigt de façon un peu large et maladroite.

Eh oui, à l'origine était le geste! On garde la mémoire des premières traces dans notre corps et dans nos gestes ; c'est ainsi. Lorsqu'un enfant trace il n'est pas occupé à reproduire telle ou telle chose, il est juste absorbé par un mouvement du corps qui ne provient pas du désir de dessiner ce qu'il voit. Cela vient du plus profond de lui-même ; c'est pulsionnel et c'est pour cela que c'est si compliqué lorsque l'on est désespérément "coincé" dans la maîtrise de tout geste. La main se lance en lien avec un monde interne fait de lâchage et de retenue, de calme ou d'excitation : c'est ce qui rend le geste tranquille, souple ou saccadé, hésitant, violent.

Dans différentes grottes préhistoriques les archéologues ont pu observer des dessins d'animaux, des scènes de chasse, des corps humains mais aussi des traces et des empreintes de mains. Quel que soit l'endroit du globe, les traces apparaissent, isolées ou bien superposées à des représentations d'animaux ou de personnages.

La trace serait-elle un geste hérité des premiers hommes? mémoire acquise de l'espèce que l'on retrouve dans chaque enfant qui prend possession d'un espace et laisse aller sa main sur une grande feuille blanche. C'est en quelque sorte une façon de s'affirmer en y incluant de l'impulsion.

Le geste qui consiste à dessiner sa main, l'apposer sur une feuille est une façon inconsciente de projeter son identité : "je trace et je suis"... depuis des millénaires.

C'est pourquoi la trace est le matériel de travail essentiel en graphothérapie clinique. Le dessin, c'est autre chose car lorsqu'un enfant commence à dessiner il met en image son aptitude à symboliser. Lorsqu'il lui est demandé de laisser aller sa main librement, c'est une toute autre affaire!

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 16:36
peinture de Catherine Seher

peinture de Catherine Seher

Les enfants non scolarisés sont plus nombreux qu'on croit. C'est une liberté qui dérange semble-t-il ; la fuite des écoles par des -libres penseurs- inquiète l'éducation nationale. Imaginez... l'instruction confiée à des parents! mais où allons-nous?

Sans doute vers un rythme différent, plus de souplesse car l'instruction en famille c'est bien plus que des devoirs, des leçons, un planning plein à craquer, des obligations alignées sur un cahier de textes ou de correspondance. Pourtant c'est certainement un choix pas facile et toutes les familles ne peuvent s'y engager. Ce type d'apprentissage apporte une nouvelle dynamique à la parentalité mais il est loin d'être dépourvu de contraintes... bien au contraire.

Je me suis interrogée sur ce choix qui amène des parents à prendre en charge la scolarité de leur(s) enfant(s). Quel engagement!  Pourtant lorsque l'expérience est réussie c'est un vrai pas en avant dans l'idée que l'on peut se faire de l'instruction.

Les parents sont parfois tellement tentés d'inscrire leurs enfants à de multiples activités, qu'en plus des heures de cours à l'école, les petits ont bien du mal à tenir la cadence. Leur vie est remplie d'activités programmées et c'est tout juste s'ils ont encore le temps de ne -rien faire-  : le temps pour soi est absent.

L'éducation à la maison, c'est un tout un programme qui s'appuie souvent sur le fonctionnement des écoles Montessori ou Steiner. Je suis sidérée de constater que ces enfants apprennent souvent mieux, plus tranquillement, à leur rythme ; un rythme qui pourrait se vivre aussi comme celui des saisons, de la nature... En été, on est plus tonique, on a besoin de passer du temps dehors, de partir en vadrouille, de s'intéresser aux animaux, aux végétaux, à l'astronomie... des leçons de "science et vie de la terre" grandeur nature. L'hiver en revanche est un moment où comme la terre on aspire à se reposer, à laisser en jachère... à lire, relire, écrire.

La cerise sur le gâteau c'est quand l'enfant ne voit plus l'apprentissage comme une finalité et qu'il découvre du plaisir dans ce qu'il entreprend. Nous ne devons pas agir "sur" l'enfant mais "autour" de lui en créant un environnement adéquate en lien avec ses besoins. Oui, en effet, c'est un programme ambitieux et un engagement de chaque jour. Pourtant le jeu n'en vaut-il pas la chandelle? Avec un environnement soutenant on accompagne les enfants sur le chemin de l'autonomie ; on les aide à entretenir leurs capacités à s'émerveiller que l'école, hélas, leur fait si souvent perdre. Comment être autonome sans avoir pleinement confiance en ses propres capacités? Je rencontre des jeunes qui doutent ; certains n'ont plus envie d'aller en cours et perdent le sens des efforts, ballotés à droite et à gauche comme s'ils n'arrivaient plus à voir l'aiguille qui indique la bonne direction.

Les "homeschoolers" associent aux apprentissages nécessaires, la musique, le dessin, les arts... Ils se servent de leur tête mais aussi de leurs mains : tissage, peinture, bricolage, conception d'objets etc... Travailler avec ses mains redescend le centre de gravité de niveau cérébral vers la région du coeur, celle des émotions, de la vie.

Une tête pour penser, un coeur pour aimer, des mains pour travailler.

Quel bonheur d'apprendre à être connecté à ses mains... autrement que par l'écriture! Etonnamment notre monde moderne oublie à quel point les activités manuelles sont importantes : elles ne font pratiquement plus partie du cursus classique... On peut apprendre aussi l'histoire et la géographie en découvrant un pays, une région "sur le vif"; s'initier à l'anglais ou à toute autre langue étrangère grâce à des méthodes qui amènent, il faut bien l'avouer, à bien plus de réussite que les cours d'anglais... à la mode française! Les enfants sont naturellement curieux et enthousiastes à condition qu'on laisse actifs et créatifs.

Et oui... problème de taille... les parents sont-ils tous tentés par un tel travail de chaque jour? Quelle discipline pour trouver les bonnes thématiques, s'y tenir, encadrer, soutenir, encourager... Tenir compte de l'allure de "ses élèves", respecter leur progression... comment les aider à surmonter les obstacles, à apprendre et à travailler seuls, bref comment grandir avec une tête bien faite qui ne demande qu'à se remplir et à se nourrir.

La différence? le planning n'est ni dicté par des programmes scolaires ni par des horaires de travail et de transport... une chance? je ne sais pas, peut-être. Ce n'est pas possible pour tout le monde. C'est un choix familial qui permet de façonner les journées à sa convenances, en fonction aussi des opportunités ; cela ne veut pas dire faire n'importe quoi, n'importe comment mais plutôt instaurer des rituels, élargir l'horizon, créer de bonnes habitudes de travail!

Tout un programme!

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 15:27
des anciens enfants!

Je reçois des adolescents, des adultes et très souvent de jeunes enfants qui sont toujours accompagnés de leurs parents.

Le parent accompagne son enfant dans une démarche de soins et d'aide ; le motif en est parfois l'écriture seule, parfois l'écriture et d'autres troubles qui perturbent le bien être du patient.

J'ai très souvent recours à des dialogues fictifs pour respecter la confidentialité de ces rencontres mais ils reflètent -de très près- ce que j'entends et ce que les parents partagent avec moi. En parlant de leur enfant ils parlent très vite d'eux-mêmes et des anciens enfants qu'ils ont été : ils évoquent leur malaise et leur trouble face à celui de leur petit... Ils viennent aussi se raconter dans l'intimité de l'entretien. Je suis souvent étonnée de les entendre dire tout simplement, lorsqu'ils ne trouvent pas de solutions au problème de leur enfant, "on n'aime notre enfant, donc... tout devrait aller bien!".

Retrouver l'enfant qu'ils ont été les place très vite sous le coup de l'émotion ; même les idées les plus sombres et les propos les plus durs méritent d'être écoutés et contiennent des intentions de vie très précieuses.

Il y a bien souvent de la désespérance dans les demandes d'aide, surtout lorsqu'elles touchent à un enfant ; des inquiétudes et une forme de fatalité : "mais il va échouer dans ses apprentissages! il ne passera jamais en 6ème...". Il s'agit là d'une peur : d'une peur de parent et cette peur on risque, lorsque l'on est parent, de la transmettre à ses enfants.

Au cours d'un entretien, je propose des pistes, j'éclaire sur ce qui ne va pas ; parfois même j'insiste : -non... ça ne va pas aussi bien que ce que votre enfant montre... et c'est son écriture qui vient le dire à sa place.

Aux parents qui accompagnent et qui veulent comprendre, j'offre une grammaire des émotions : une émotion, ce n'est ni dévastateur, ni un risque... ce n'est qu'un message utile qu'il faut tenter de décoder pour l'apprivoiser.

Avec la peur s'engouffrent toutes sortes de symptômes qui se fixent dans la mémoire : celle de l'esprit et celle du corps.

Comment voir clair dans toutes ces tensions qui se fichent dans le corps  sans une grille de lecture qui décode point par point ce qui se dit dans les réactions émotionnelles?

L'entretien avec les parents sert essentiellement à mieux comprendre le langage familial et l'histoire de l'enfant qui consulte. C'est ainsi que l'on créé un passage de l'enfant vers le thérapeute ; dès le départ il est nécessaire de poser une relation de confiance et de sécurité ; parfois il faut du temps et le processus est long autant que passionnant.

Voilà, à chacun son histoire et en matière émotionnelle la réalité importe moins que la traduction qui en est faite.

En cette fin d'année scolaire, étonnamment les demandes d'aide affluent... comme tous les ans à partir du mois de mai... Au fil des mois d'école passés personne n'a pris la juste mesure des évènements composés d'insécurité, de défaillances, de crainte de ne pas être à la hauteur, de dévalorisation... car sur le moment, somme toute, tout cela n'était pas si grave... Il suffit alors d'un nouvel élément pour que surgisse à nouveau la petite musique grinçante qui paralyse et qui pose cette question : comment faire? La peur déclenche la fuite, la colère déclenche la lutte et la tristesse déclenche le repli sur soi.

Le corps n'est pas avare de toutes sortes de moyens psychosomatiques pour se faire entendre... Il faut juste ouvrir les yeux et bien regarder

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 08:17
pas question de lâcher!

et pourtant nous voici à la fin de l'année scolaire... Il y a des parents inquiets parce que leur enfant a "relâché" ses efforts en fin de trimestre ; les résultats scolaires s'en ressentent et les avertissements pleuvent. Bien des soirées tournent au drame, lorsque parents et enfant se mettent au travail et passent en revue les devoirs, les leçons. Il y en a toujours un qui craque : parfois la mère, lorsque le père invite à -lâcher- un peu le gamin... soit le gamin qui n'en peut plus d'une telle pression. Certains pères voient juste : après tout, l'année ne s'est pas trop mal déroulée... et puis il y a sans doute une raison... ce à quoi une mère peut répondre :" vu l'heure à laquelle tu rentres tous les soirs, ça te va bien! on voit bien que ce n'est pas toi qui l'aides à faire son travail!". Et voilà l'annonce d'un pugilat annoncé! Tout le monde revient à la case départ. Un enfant qui ne travaille plus en classe inquiète et le laisser décrocher n'est pas la solution. Tout cela amène à des réflexions, des interrogations et c'est ainsi que certains parents prennent aussi conscience de leur degré d'anxiété ou de leur besoin de tout contrôler, de faire bien pour que tout "roule".

Parfois oser lâcher de ce "tout roule" qui étouffe l'enfant et les parents permet de redonner un peu d'oxygène à la vie familiale mais lâcher des habitudes que l'on a depuis toujours et qui sont directement en lien avec des émotions n'est pas chose facile.

Une mère peut tout à fait comprendre que parfois elle est en effet très exigeante : à un moment son enfant ne se sent plus à la hauteur de telles exigences. Pourtant, c'est plus fort qu'elle et elle va s'agripper encore plus à ce qui lui semble être la seule solution et qui d'ailleurs a fait ses preuves, ne serait-ce qu'avec elle, lorsqu'elle avait le même âge!

Un enfant qui aborde l'écriture, dès le CP, avec beaucoup d'anxiété est celui qui peut rencontrer une difficulté avec les apprentissages, notamment l'écriture. C'est le corps qui va parler et dire ce que la bouche ne peut expliquer. Au passage en CE1 ou CE2 c'est pire et que dire de l'arrivée en 6ème!

La graphothérapie clinique est un travail de relaxation avant tout ; il prend en compte le corps engagé dans la trace pour ramener un enfant à des sensations qu'il a "oubliées"! Ni questionnement intrusif, ni -enquête- (sinon auprès des parents pour mieux connaître l'histoire de l'enfant), ni jugement, ni solution, ni interprétation personnelle : juste une attention qui prend au rebond les mots de l'enfant en écho avec lui-même. L'enfant s'il le souhaite parle de lui en son nom et comprend ainsi que personne n'a de solution miracle, personne n'a à le convaincre de quoi que ce soit, ni même à donner des réponses parfaites!

C'est un accompagnement, un étayage présent et discret et surtout indéfectible dont l'objectif est de renforcer la confiance chancelante de l'enfant dans ses facultés.

Un enfant qui présente des difficultés à l'écriture est un enfant en souffrance. Il est parfois abattu ou furieux, mutique ou bavard, non concerné ou trop investi. Il n'est pas question de lui donner raison ou tort mais d'essayer de reconnaître son point de vue comme étant le sien. C'est ainsi et c'est son vécu au quotidien.

Une parole se doit d'acquérir du sens. Les jeunes qui consultent sont très souvent privés du sens de leurs paroles ; des phrases tombent, comme cela, comme "un cheveu sur la soupe" : exemple "j'ai pleuré en classe"??? Rien de plus... comme s'il leur était impossible de relier les larmes à une émotion qui les a fait naître. Au fil du travail thérapeutique il s'exercent "à être" : entraînement à l'intérieur de soi pour que à l'usage le jeune accède à plus d'autonomie. Cet entraînement touche à une attitude : celle du corps.

Je suis toujours surprise de leurs réponses à cette simple question : "qu'est-ce qui t'intéresse en classe, ou lorsque tu as du temps de libre??" Bien souvent il n' y a pas de réponse. Non pas qu'il n'y ait rien eu d'intéressant mais très souvent il leur est difficile de se remémorer ou de se centrer sur ce qui a pu retenir leur attention : ils n'y sont pas! Parfois l'émotionnel est tel qu'ils oublient tout ce qu'ils ont appris! "je suis complètement perdu...j'ai tout oublié".

L'écriture non "présentable" n'est alors qu'un signe qui alerte du mal être psychique d'un jeune. Et c'est pour cela qu'il est important de les aider dès qu'ils perdent pied.

"J'aimerais libérer ton esprit, mais je ne peux que te montrer la porte ; c'est à toi qu'il appartient de la franchir"...

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

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Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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