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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 15:27
des anciens enfants!

Je reçois des adolescents, des adultes et très souvent de jeunes enfants qui sont toujours accompagnés de leurs parents.

Le parent accompagne son enfant dans une démarche de soins et d'aide ; le motif en est parfois l'écriture seule, parfois l'écriture et d'autres troubles qui perturbent le bien être du patient.

J'ai très souvent recours à des dialogues fictifs pour respecter la confidentialité de ces rencontres mais ils reflètent -de très près- ce que j'entends et ce que les parents partagent avec moi. En parlant de leur enfant ils parlent très vite d'eux-mêmes et des anciens enfants qu'ils ont été : ils évoquent leur malaise et leur trouble face à celui de leur petit... Ils viennent aussi se raconter dans l'intimité de l'entretien. Je suis souvent étonnée de les entendre dire tout simplement, lorsqu'ils ne trouvent pas de solutions au problème de leur enfant, "on n'aime notre enfant, donc... tout devrait aller bien!".

Retrouver l'enfant qu'ils ont été les place très vite sous le coup de l'émotion ; même les idées les plus sombres et les propos les plus durs méritent d'être écoutés et contiennent des intentions de vie très précieuses.

Il y a bien souvent de la désespérance dans les demandes d'aide, surtout lorsqu'elles touchent à un enfant ; des inquiétudes et une forme de fatalité : "mais il va échouer dans ses apprentissages! il ne passera jamais en 6ème...". Il s'agit là d'une peur : d'une peur de parent et cette peur on risque, lorsque l'on est parent, de la transmettre à ses enfants.

Au cours d'un entretien, je propose des pistes, j'éclaire sur ce qui ne va pas ; parfois même j'insiste : -non... ça ne va pas aussi bien que ce que votre enfant montre... et c'est son écriture qui vient le dire à sa place.

Aux parents qui accompagnent et qui veulent comprendre, j'offre une grammaire des émotions : une émotion, ce n'est ni dévastateur, ni un risque... ce n'est qu'un message utile qu'il faut tenter de décoder pour l'apprivoiser.

Avec la peur s'engouffrent toutes sortes de symptômes qui se fixent dans la mémoire : celle de l'esprit et celle du corps.

Comment voir clair dans toutes ces tensions qui se fichent dans le corps  sans une grille de lecture qui décode point par point ce qui se dit dans les réactions émotionnelles?

L'entretien avec les parents sert essentiellement à mieux comprendre le langage familial et l'histoire de l'enfant qui consulte. C'est ainsi que l'on créé un passage de l'enfant vers le thérapeute ; dès le départ il est nécessaire de poser une relation de confiance et de sécurité ; parfois il faut du temps et le processus est long autant que passionnant.

Voilà, à chacun son histoire et en matière émotionnelle la réalité importe moins que la traduction qui en est faite.

En cette fin d'année scolaire, étonnamment les demandes d'aide affluent... comme tous les ans à partir du mois de mai... Au fil des mois d'école passés personne n'a pris la juste mesure des évènements composés d'insécurité, de défaillances, de crainte de ne pas être à la hauteur, de dévalorisation... car sur le moment, somme toute, tout cela n'était pas si grave... Il suffit alors d'un nouvel élément pour que surgisse à nouveau la petite musique grinçante qui paralyse et qui pose cette question : comment faire? La peur déclenche la fuite, la colère déclenche la lutte et la tristesse déclenche le repli sur soi.

Le corps n'est pas avare de toutes sortes de moyens psychosomatiques pour se faire entendre... Il faut juste ouvrir les yeux et bien regarder

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 08:17
pas question de lâcher!

et pourtant nous voici à la fin de l'année scolaire... Il y a des parents inquiets parce que leur enfant a "relâché" ses efforts en fin de trimestre ; les résultats scolaires s'en ressentent et les avertissements pleuvent. Bien des soirées tournent au drame, lorsque parents et enfant se mettent au travail et passent en revue les devoirs, les leçons. Il y en a toujours un qui craque : parfois la mère, lorsque le père invite à -lâcher- un peu le gamin... soit le gamin qui n'en peut plus d'une telle pression. Certains pères voient juste : après tout, l'année ne s'est pas trop mal déroulée... et puis il y a sans doute une raison... ce à quoi une mère peut répondre :" vu l'heure à laquelle tu rentres tous les soirs, ça te va bien! on voit bien que ce n'est pas toi qui l'aides à faire son travail!". Et voilà l'annonce d'un pugilat annoncé! Tout le monde revient à la case départ. Un enfant qui ne travaille plus en classe inquiète et le laisser décrocher n'est pas la solution. Tout cela amène à des réflexions, des interrogations et c'est ainsi que certains parents prennent aussi conscience de leur degré d'anxiété ou de leur besoin de tout contrôler, de faire bien pour que tout "roule".

Parfois oser lâcher de ce "tout roule" qui étouffe l'enfant et les parents permet de redonner un peu d'oxygène à la vie familiale mais lâcher des habitudes que l'on a depuis toujours et qui sont directement en lien avec des émotions n'est pas chose facile.

Une mère peut tout à fait comprendre que parfois elle est en effet très exigeante : à un moment son enfant ne se sent plus à la hauteur de telles exigences. Pourtant, c'est plus fort qu'elle et elle va s'agripper encore plus à ce qui lui semble être la seule solution et qui d'ailleurs a fait ses preuves, ne serait-ce qu'avec elle, lorsqu'elle avait le même âge!

Un enfant qui aborde l'écriture, dès le CP, avec beaucoup d'anxiété est celui qui peut rencontrer une difficulté avec les apprentissages, notamment l'écriture. C'est le corps qui va parler et dire ce que la bouche ne peut expliquer. Au passage en CE1 ou CE2 c'est pire et que dire de l'arrivée en 6ème!

La graphothérapie clinique est un travail de relaxation avant tout ; il prend en compte le corps engagé dans la trace pour ramener un enfant à des sensations qu'il a "oubliées"! Ni questionnement intrusif, ni -enquête- (sinon auprès des parents pour mieux connaître l'histoire de l'enfant), ni jugement, ni solution, ni interprétation personnelle : juste une attention qui prend au rebond les mots de l'enfant en écho avec lui-même. L'enfant s'il le souhaite parle de lui en son nom et comprend ainsi que personne n'a de solution miracle, personne n'a à le convaincre de quoi que ce soit, ni même à donner des réponses parfaites!

C'est un accompagnement, un étayage présent et discret et surtout indéfectible dont l'objectif est de renforcer la confiance chancelante de l'enfant dans ses facultés.

Un enfant qui présente des difficultés à l'écriture est un enfant en souffrance. Il est parfois abattu ou furieux, mutique ou bavard, non concerné ou trop investi. Il n'est pas question de lui donner raison ou tort mais d'essayer de reconnaître son point de vue comme étant le sien. C'est ainsi et c'est son vécu au quotidien.

Une parole se doit d'acquérir du sens. Les jeunes qui consultent sont très souvent privés du sens de leurs paroles ; des phrases tombent, comme cela, comme "un cheveu sur la soupe" : exemple "j'ai pleuré en classe"??? Rien de plus... comme s'il leur était impossible de relier les larmes à une émotion qui les a fait naître. Au fil du travail thérapeutique il s'exercent "à être" : entraînement à l'intérieur de soi pour que à l'usage le jeune accède à plus d'autonomie. Cet entraînement touche à une attitude : celle du corps.

Je suis toujours surprise de leurs réponses à cette simple question : "qu'est-ce qui t'intéresse en classe, ou lorsque tu as du temps de libre??" Bien souvent il n' y a pas de réponse. Non pas qu'il n'y ait rien eu d'intéressant mais très souvent il leur est difficile de se remémorer ou de se centrer sur ce qui a pu retenir leur attention : ils n'y sont pas! Parfois l'émotionnel est tel qu'ils oublient tout ce qu'ils ont appris! "je suis complètement perdu...j'ai tout oublié".

L'écriture non "présentable" n'est alors qu'un signe qui alerte du mal être psychique d'un jeune. Et c'est pour cela qu'il est important de les aider dès qu'ils perdent pied.

"J'aimerais libérer ton esprit, mais je ne peux que te montrer la porte ; c'est à toi qu'il appartient de la franchir"...

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 17:30
raconte-moi une histoire!
raconte-moi une histoire!

"j'avais écrit une formule magique.... pour avoir moins de problèmes en classe... mais il ne s'est rien passé!".

D'un côté la réalité : les résultats scolaires qui sont en chute libre et de l'autre côté, la formule magique, l'illusion d'avoir le pouvoir de changer les choses. Je comprends qu'il soit désenchanté ; pourtant il doit faire face à la réalité et ce n'est pas si simple que cela.

C'est vrai, on rêverait d'un conte qui puisse prendre soin des enfants qui souffrent, un conte qui pourrait leur restituer un petit espace au creux de leur coeur, un petit coin intime qui saurait leur montrer leurs talents et qui saurait aussi les éloigner de toutes leurs pensées négatives, critiques et parfois même toxiques.

"cela s'appelle un jardin secret"! dit-il ; -oui, un espace bien à toi que personne ne peut envahir ou piétiner. Y aurait-il un gardien?... une sorte de "sage" qui veillerait à ce que les émotions soient reconnues pour ce qu'elles sont? Oui, une sorte de cerbère qui protègerait cet espace sacré . Un cerbère qui saurait reconnaître la peur, la colère, la tristesse et faire en sorte que rien ne soit confus.

Les enfants trouvent très souvent leur histoire à eux, leur conte personnel et s'amusent à y glisser des bribes de leurs tracas ; c'est le côté thérapeutique des histoires et depuis la nuit des temps, les hommes ont besoin d'histoires. Milton Erickson avait très bien compris à quel point les histoires crées -sur mesure- peuvent être salvatrices tout comme Joyce Mills ou R. Crowley. Les enfants sont friands de métaphores ; ils en captent immédiatement le sens et cherchent à leur tour les leurs.

Pour certains l'écriture reste magique et les lettres, les mots renferment des secrets. Lorsqu'un enfant réclame une aide pour aller mieux, pour résoudre ses problèmes, il est nécessaire de l'inviter à reconnaître son mal être afin qu'il puisse le relier à une cause précise (si c'est possible) et du même coup y trouver un sens. De même que pour sentir la détente il faut pouvoir sentir la tension, il convient de sentir ce qui fait mal pour pouvoir s'en séparer. Mes jeunes patients consultent avec en poche deux comportements : soit ils reconnaissent qu'ils ont le moral dans les chaussettes et que ça ne va pas fort, soit ils nient en bloc : "moi? tout va bien!".

Les histoires, les contes aident parfois à dire ou à toucher du doigt ce qui blesse. "Peau d'âne", "Poil de Carotte", le "vilain petit canard", Peter Pan, etc... voire même Harry Potter.
Ils aimeraient tant que tout soit magique...ce n'est pas le cas et la déception est à la hauteur de leurs espérances ; un peu de poudre de perlimpimpin n'a jamais aider un voeu à se réaliser.

Les jeunes "Peter Pan" ou les "fées Clochette" ne souffrent que d'un manque de confiance en soi ; ils se perdent entre le réel et l'imaginaire et ne sont pas bien équipés pour supporter le vécu de leur quotidien. Soit ils ne sont pas -étanches-, soit ils sont anesthésiés! Les petites histoires qu'ils se racontent les aident à voir la vie autrement.

"Les étoiles sont très jolies mais elles ne peuvent prendre part à aucune action ; elles se contentent de regarder sans fin. C'est une punition qu'on leur a imposée pour quelque chose qu'elles ont fait il y a si longtemps qu'elles-mêmes ne se rappellent plus ce que c'était" (J-M Barrie - Peter Pan)

C'est ainsi que des enfants se replient sur eux-mêmes, plongés dans leurs "histoires". On dit alors qu'ils sont "ailleurs" ; ils n'écoutent plus en classe, s'absentent et très vite les enseignants parlent de manque de concentration ou de troubles de l'attention. Ce n'est pas toujours le cas. La vie se retranche à l'intérieur et le comble est que l' on dit de certains "qu'ils sont sans histoire"... C'est bien tout le contraire....

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 15:32

notre prochaine exposition à Barbizon! venez nombreux...
c'est aussi la fête au village!

notre prochaine exposition à Barbizon! venez nombreux...
c'est aussi la fête au village!
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 13:15

Je ne m'en lasse pas! bientôt la plage... dans quelques semaines ... voici cette saga de crabes toujours aussi drôle!

Dir. Arthur de Pins / France / 2003 Humorous and insightful animation about a blighted species of crabs. http://www.arthurdepins.com/ BUY HERE: http://www.ad...

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 16:47

Voici un article que je trouve très pertinent et qui présente assez bien notre "société formidable"...

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 13:27
extraits du journal "la hulotte"
extraits du journal "la hulotte"

extraits du journal "la hulotte"

Il y a bien longtemps maintenant, un ami avait offert à ma fille ce petit fascicule surprenant : la Hulotte. Le journal "le plus lu dans les terriers"! qui éveille aussi bien les enfants que leurs parents. Ce petit recueil de dessins et d'informations sur la vie sauvage, la faune et la flore fourmille d'idées et d'explications en tous genres et de tout poil! Les croquis sont drôles et bien souvent vous donnent de précieux conseils! Un guide de campagne pour observer tant les insectes que les animaux et partir à la découverte de mille trésors.

Les traces que laissent les jeunes au cours de leurs séances graphothérapeutiques quittent bien volontiers le mouvement pour le dessin et les formes circulaires se transforment aussi en ellipses voire en coquille d'escargot. Tout est prétexte à s'échapper pour filer dans la représentation figurative et de là, dans le jeu...

Voilà pourquoi le petit journal a re-pointé son nez dans mes souvenirs! Je le conseille à tous les découvreurs, à tous les curieux, les amoureux de la nature, quel que soit leur âge ; un vrai bonheur... l'art de l'étonnement renouvelé!

Pour reprendre un titre lu dans un magazine psy : "les aventuriers de l'âge perdu" en auront pour leur argent! leur petit journal en poche ils pourront partir à la découverte de leur environnement en s'amusant. Il me semble nécessaire de laisser les enfants libres de leurs explorations. En cette fin d'année scolaire, après un emploi du temps bien souvent "ministériel" il est temps de lever le pied et de reprendre goût à la nature. C'est aussi donner à un enfant un cadre qui autorise la créativité tout en apprenant... d'une autre façon!

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 11:40
mise en image (site internet des Petites Lumières)

mise en image (site internet des Petites Lumières)

Les petites lumières?? atelier de philosophie pour les enfants. Pourquoi? parce que penser par et pour soi-même lorsque l'on est enfant, c'est un bon départ vers l'autonomie de raisonnement et un moyen de bien réfléchir en offrant "sa" réponse plutôt que celle attendue par un enseignant.

On oublie trop souvent que l'adulte sera toujours un enfant parce que c'est l'enfant qui va grandir et devenir adulte.

La méthode des "petites lumières" s'inspire des travaux de Matthew Lipman, fondateur de la philosophie pour enfants dans les années 70. Les échanges oraux sont suivis d'ateliers artistiques (dessin, mime, danse, musique etc...) Cette méthode réconcilie en quelque sorte la pensée critique et la créativité.

J'aime beaucoup cette définition de l'enfance, vue par J.B Pontalis : "l'enfance c'était le temps où, le plus souvent silencieux, nous ressentions, observions sans l'écran du savoir et des mots, où tous nos sens étaient en éveil, où nous étions sensuels et visionnaires, où nous inventions le monde".

Nous naissons, d'abord enfants... ensuite nous devenons adultes. Les enfants sont parfois si pressés de devenir "grands"... enfin... pas mes patients! Ils restent accrochés à l'ombilic du tout premier moment.

Difficile parfois de s'adresser aux enfants : sans les infantiliser d'une part et sans, non plus les édifier en voyant en eux déjà un adulte en puissance. Là aussi, il convient de trouver la bonne distance!

Les enfants sont philosophes et le regard qu'ils portent sur leurs proches, sur le monde aussi soulèvent sans cesse des interrogations renouvelées au fil des générations. On ne garde pas son âme d'enfant, je ne crois pas ;  on ne peut que se souvenir de comment ça a été...

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 16:46
Superman!
Superman!

"Je voudrais être Superman"... allez! "je blague"... mais au son de sa voix, je sais qu'il est sérieux. Superman avec un bras bionique!! Avant de prétendre être Superman, essayons d'être simplement humain. L'excitation redescend d'un coup!

Comme disait Arnaud Desjardins "on ne peut à la fois rester scotché à son monde fantasmatique et progresser sur le chemin de l'éveil. Il faut choisir".

Mes jeunes patients rêvent souvent de pouvoirs magiques et s'attendent, lors de leurs premières séances, à des effets de "poudre de perlimpimpin"!!! Le travail, véritable, ne peut alors venir qu'une fois le cap de la désillusion passé. Ils s'imprègnent de leurs héros de jeux vidéo, de bandes dessinées, de mangas ou de films de science fiction. Ils sont alors intouchables et décollent de la réalité. Etre humains et débarrassés de ses peurs, c'est déjà énorme. Il y a souvent en chacun un écheveau de noeuds, de lignes emmêlées qu'il faut dénouer afin de gagner en audace et en ouverture aux autres. Chaque peur, chaque refus, chaque frontière à franchir, chaque ressenti est unique.

Pour certains gamins affronter les "vrais gens" leur fait peur, le monde virtuel des jeux en ligne les rassure surtout lorsqu'ils sont les meilleurs. Je me rappelle un ado qui dirigeait une guilde puissante dans laquelle de nombreux joueurs voulaient entrer, c'était terriblement gratifiant, bien plus que des pseudos copains de lycée avec qui il était incapable de communiquer. Ces jeux présentent aussi un côté hypnotisant, addictif et surtout ça ne s'arrête jamais même lorsque vous quittez une partie, le jeu continue. Certains de mes jeunes patients ne tiennent pas en place et piaffent jusqu'à la prochaine partie : venir en consultation est vécu comme un énorme sacrifice!

S'engager, se comparer, prendre le risque d'être contrarié, de perdre, de ne pas être aussi bon qu'on le pense et surtout prendre le risque d'être déçu... tout cela est difficile à vivre lorsque l'on a une vision très idéalisée de ce que l'on aimerait être et faire dans la vie. Il faut une grande estime de soi et une bonne dose de confiance pour se lancer dans certaines aventures.

Bien sûr les effets des jeux vidéo ne sont pas que négatifs mais chez des jeunes plus sensibles que d'autres au relationnel compliqué et qui de surcroit vivent quelque chose de douloureux à la maison, ils doivent être envisagés autrement, chronique d'une désespérance annoncée ; le rituel du jeu video devient très vite un exutoire à la souffrance, aux phobies sociales d'où la nécessité de les aider à mieux comprendre ce qui les chamboule.

Lorsque l'on n'arrive plus à avoir des projets et à se construire autrement que grâce à  "World of Warcraft" ou les "Sims" il est impératif de rétablir l'équilibre!

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:43
sculpture de Robert Bradford ou comment utiliser des éponges métalliques...

sculpture de Robert Bradford ou comment utiliser des éponges métalliques...

"Je suis poreux"... première phrase d'un ado lors d'un premier contact... Il éclate de rire et ajoute "spongieux" = j'absorbe tout!

"j'écris mal et je suis poreux... pourtant j'aime écrire à la main plus que sur mon ordinateur". Ecrire à la main engage une personne dans ce qu'elle a de plus intime et surtout cela -reste- contrairement à un texte tapé sur clavier : hop! un clic et tout s'efface! Même si par ailleurs certains qualifient leur écriture de "moche"ils n'hésitent pas à écrire, à avoir une correspondance, dès lors qu'ils peuvent écrire à leur rythme, tranquillement. Tous ne rêvent pas de jeter feuilles et cahiers par-dessus bord! bien au contraire. Les filles, plus spécifiquement aiment choisir de jolis papiers, des supports colorés ; le choix du stylo est également intéressant : plume ou bille, précieux ou jetable, encre bleue ou noire etc... Pour être honnête il y a plus de garçons qui rencontrent des soucis d'écriture (il y a des filles aussi mais en consultation, on voit plus de garçons).

Pourtant écrire n'est pas une question de volonté, même si sans cesse des parents y font référence ; bien des jeunes s'accrochent désespérément et s'appliquent ; les efforts ne sont pas toujours repérables au premier coup d'oeil ; plusieurs fois par jour ils se sentent submergés par leurs émotions ; la seule solution à ce qui est perçu comme un problème est le contrôle. Ils rêvent d'éliminer l'imprévu à tout jamais! le pire étant bien sûr la mort. La feuille blanche de leur cahier n'est pas toujours un terrain de jeux ; au premier regard elle angoisse, créé des sueurs froides et génère du stress : difficile d'expliquer cela à un prof!

Le "je suis poreux" est déjà un aveu et en soi une prise de conscience. Prêter attention à ce qui l' "imbibe" malgré lui permet de redresser la barre pour ne pas couler. Le désarroi est bien planqué derrière l'humour. Je suis toujours étonnée de rencontrer des gamins aussi anxieux en dépit de ce qu'ils donnent à voir ; le climat scolaire est-il si angoissant? la famille  l'est-elle aussi? Le monde qu'on leur propose n'est sans doute pas aussi attirant qu'ils le souhaiteraient et visiblement il ne calme pas leurs angoisses de séparation.

Des ados, des jeunes adultes se plaignent de toutes ces émotions qu'ils prennent en pleine figure pourtant ils sont incapables de se pencher sur les leurs! Tout reste confus et le carcan ne lâche pas ; l'idéal du moi reste bien oppressant.

La graphothérapie clinique prend en charge des patients qui ont mal en écrivant et se penche sur ces pathologies de l'insuffisance en les remettant en lien avec la réalité et avec leurs ressources... et ils en ont! Il est nécessaire d'aider ces jeunes pousses à dépasser certains "pics" de psychosomatisation que l'on constate au passage de la maternelle à l'entrée du CP, du primaire à la 6ème et à la sortie du lycée... Les jeunes, qu'ils écrivent mal ou pas, consultent pour des soucis de limites, de règles, de consignes ; ils ne tiennent pas en place, s'inquiètent de tout, ne reconnaissent plus bien les codes sociaux et se perdent eux-mêmes en manque d'étayage et de regards.

Nous arrivons à la fin de l'année scolaire ; à l'horizon se pointe soit une entrée au collège ou une autre au lycée... vite, vite, vite il faut consulter comme si d'un coup de baguette magique j'allais assurer jeunes et parents qu'en quelques séances tout allait rentrer dans l'ordre. Cette demande pressante et parfois impérieuse a quelque chose d'infiniment inquiétant et dérangeant et tous les ans... c'est le même phénomène qui se reproduit!

"Fais ce que ta main et ton esprit trouvent à faire, immerge-toi dans l'heure présente, ne rumine pas tes angoisses et tes soucis en anticipant sur les heures suivantes". (Etty Hillesum)

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.

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